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Les ambassades désertées de Washington, miroirs des ruptures diplomatiques

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Dans le quartier huppé de Kalorama, plusieurs bâtiments diplomatiques subsistent à l’abandon, témoins silencieux des crises géopolitiques ayant conduit à la suspension des relations entre les États-Unis et divers États.

Les façades décrépies et les jardins envahis par la végétation trahissent l’absence prolongée de toute activité officielle. Parmi ces propriétés figées dans le temps, l’ancienne ambassade de Syrie a récemment vu son drapeau réapparaître, après onze années de fermeture. Cette réouverture symbolique, annoncée suite à la visite du président Ahmad al-Chareh, ne saurait masquer l’état de délabrement avancé des lieux. Un ancien diplomate syrien évoque des travaux qui pourraient s’étaler sur plusieurs années avant une éventuelle remise en service.

Non loin de là, l’ancienne ambassade d’Afghanistan demeure close depuis la chute de Kaboul en 2021. Le courrier s’accumule dans la boîte aux lettres, tandis que les derniers diplomates en poste ont dû remettre les clés au département d’État en 2022, après l’effondrement du gouvernement qu’ils représentaient. La mission commerciale russe, évacuée en représailles aux ingérences électorales présumées de Moscou, voit son parking progressivement recouvert de mauvaises herbes.

Le département d’État gère actuellement vingt-neuf propriétés diplomatiques inutilisées, appartenant notamment à l’Iran, au Venezuela ou encore à la Russie. Ces bâtiments, dont l’accès est interdit aux pays concernés, font l’objet d’un entretien minimal en vertu de la Convention de Vienne. Les autorités russes dénoncent toutefois des pratiques qu’elles qualifient d’expropriations de fait, jugées contraires au droit international.

L’ancienne ambassade d’Iran, fermée depuis la révolution islamique de 1980, incarne peut-être le plus symboliquement ces ruptures durables. Son dôme bleu caractéristique domine toujours une avenue arborée, mais ses portes monumentales restent closes, sans perspective de réouverture. Ces édifices fantômes continuent ainsi d’incarner, dans l’espace urbain washingtonien, les fractures persistantes de la scène internationale.

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