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L’effondrement silencieux des oiseaux tropicaux en Guadeloupe

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La biodiversité aviaire de l’archipel caribéen subit un déclin alarmant, selon les observations des scientifiques et des associations de protection de la nature.

Les populations d’oiseaux tropicaux en Guadeloupe connaissent une diminution préoccupante, comme en témoigne le cas emblématique du pélican brun. Cette espèce, autrefois nicheuse dans l’archipel, ne s’y reproduit plus aujourd’hui. Les observations se limitent désormais à des individus en vol, selon les experts locaux.

Jusqu’en 2020, la plus importante colonie de pélicans bruns des Petites Antilles se trouvait au Gosier, dont le nom créole signifie d’ailleurs « grand gosier ». La cohabitation avec les résidents s’est toutefois détériorée, conduisant au départ des oiseaux. Des méthodes d’intimidation incluant la coupe des arbres de nidification et des actes de maltraitance ont été rapportées.

Les causes de ce déclin sont multiples. La perte d’habitat naturel et les dérangements humains représentent des facteurs déterminants, auxquels s’ajoutent les effets du changement climatique. Une étude récente parue dans Nature Ecology & Evolution indique que les populations aviaires des régions tropicales ont diminué de 25 à 38% entre 1950 et 2020 en raison des vagues de chaleur extrêmes.

Le dernier indicateur publié par l’agence guadeloupéenne de la biodiversité confirme cette tendance. Sur les 295 espèces recensées dans l’archipel, 18% sont considérées comme menacées. Les observations font état de diminutions comprises entre 20% et plus de 40% pour certaines espèces communes, notamment deux variétés de colibris et la paruline jaune.

La pression supplémentaire exercée par la chasse légale suscite des inquiétudes parmi la communauté scientifique. Certains oiseaux de rivage, pourtant en déclin significatif, restent chassables. Le bécasseau maubèche, désormais intégralement protégé, a vu ses effectifs chuter de 95% en un demi-siècle.

Cette situation illustre les défis complexes de la conservation dans les territoires ultramarins, où la protection réglementaire des espèces ne s’accompagne pas toujours de mesures efficaces pour préserver leurs habitats.

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