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Le trafic d’anguilles, une manne pour les réseaux criminels en Haïti

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Dans les eaux troubles d’Haïti, le commerce illicite des civelles prospère, alimentant à la fois les marchés asiatiques et les organisations criminelles qui tirent profit de cette ressource naturelle menacée.

Le commerce des civelles, ces jeunes anguilles transparentes à peine plus grosses que des allumettes, représente aujourd’hui une source de revenus substantielle pour les groupes criminels opérant en Haïti. Pêchées dans l’obscurité le long des côtes et des estuaires, ces créatures migratires font l’objet d’un trafic international extrêmement lucratif, principalement destiné à approvisionner les fermes aquacoles asiatiques où l’anguille constitue un mets de choix.

Alors que l’anguille américaine figure sur la liste des espèces en danger de l’Union internationale pour la conservation de la nature, son commerce échappe à tout cadre réglementaire international contraignant. Cette absence de contrôle a permis l’émergence d’un marché parallèle où les intermédiaires réalisent des bénéfices considérables, tandis que les pêcheurs locaux perçoivent une rémunération dérisoire pour leur travail périlleux.

Les observateurs internationaux dénoncent l’opacité systémique qui entoure cette activité économique. Les autorités haïtiennes délivrent bien des licences d’exportation, mais les mécanismes de surveillance restent insuffisants pour empêcher les détournements et les pratiques frauduleuses. Cette situation favorise le blanchiment d’argent et permet l’infiltration de marchandises illicites dans les cargaisons légitimes.

Des sources onusiennes confirment l’implication de personnalités influentes dans ce trafic, soulignant comment ce secteur peu régulé offre un environnement propice aux activités criminelles. Les pêcheurs, quant à eux, travaillent dans des conditions précaires, souvent sans équipement de sécurité adapté, ce qui entraîne régulièrement des accidents mortels.

Face à cette situation, certaines instances internationales envisagent d’étendre les restrictions commerciales à toutes les espèces d’anguilles. Une telle mesure pourrait cependant affecter durablement les communautés côtières qui dépendent de cette pêche pour leur subsistance, dans un contexte économique déjà extrêmement fragile.

Les défenseurs de l’environnement plaident pour une transition vers des activités de pêche alternatives, mieux encadrées et moins dommageables pour la biodiversité. Ils estiment que seule une approche globale, combinant protection des espèces et développement économique viable, pourrait mettre un terme à ce commerce destructeur.

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