Monde
Le Sud yéménite en proie à des frappes après la défection d’un chef séparatiste
Les tensions au sein de la coalition anti-Houthis atteignent un point critique. Le refus du dirigeant séparatiste Aidarous al-Zoubaidi de se rendre à des pourparlers à Riyad a déclenché une série de frappes aériennes et des accusations de trahison.
La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite a mené, mercredi, des opérations aériennes dans la province de Dhale, fief du Conseil de transition du Sud (STC). Ces frappes, qualifiées de « préventives et limitées » par Riyad, font suite au refus du président du STC, Aidarous al-Zoubaidi, de se rendre à une rencontre de dialogue dans la capitale saoudienne. Selon des sources locales, les bombardements ont causé la mort de plusieurs civils.
Les autorités saoudiennes affirment avoir agi pour empêcher un élargissement des hostilités, après avoir reçu des informations faisant état de mouvements militaires importants en provenance du bastion de M. al-Zoubaidi. Ce dernier, accusé d’avoir fui vers une destination inconnue, n’a pas embarqué dans l’avion qui devait convoyer sa délégation à Riyad. Le STC a pour sa part indiqué que son président continuait d’exercer ses fonctions depuis Aden, tout en appelant à la cessation des frappes.
Parallèlement, le Conseil présidentiel yéménite, instance exécutive reconnue par une partie de la communauté internationale, a annoncé la révocation de M. al-Zoubaidi de ses fonctions. Il lui est reproché des actes constitutifs de haute trahison, notamment la formation de groupes armés et des violations de la constitution. Une procédure judiciaire a été engagée à son encontre.
Cette escalade intervient dans un contexte de fortes dissensions au sein de la coalition gouvernementale. Le STC, qui milite pour la restauration d’un État indépendant dans le sud du Yémen, avait récemment étendu son emprise territoriale avant d’être repoussé par d’autres factions loyalistes. La ville d’Aden, ancienne capitale du Sud et siège actuel du gouvernement, reste un point de friction majeur, où des transferts d’autorité en matière de sécurité ont été rapportés.
Le conflit yéménite, marqué par l’offensive des Houthis depuis 2014 et l’intervention de la coalition arabe en 2015, se trouve ainsi compliqué par des luttes intestines au sein du camp opposé aux rebelles. Les rivalités entre Riyad et Abou Dhabi, qui soutiennent des factions différentes, continuent de fragiliser la cohésion des forces anti-Houthis.
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