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Le séparatiste biafrais Nnamdi Kanu reconnu coupable d’actes terroristes

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Le dirigeant du mouvement indépendantiste a été condamné par la justice nigériane après une décennie de procédures judiciaires, tandis que le parquet requiert la peine capitale.

Le tribunal nigérian a déclaré Nnamdi Kanu coupable sur l’ensemble des sept charges retenues contre lui, dont des accusations de terrorisme et de propagation d’informations fallacieuses. Le juge James Omotosho a estimé que le prévenu avait commis des actes préparatoires à des actions terroristes. La détermination de la sanction doit intervenir dans l’après-midi.

Fondateur de l’Organisation du Peuple Indigène du Biafra, un mouvement interdit par les autorités, Nnamdi Kanu milite pour la création d’un État indépendant dans le sud-est du Nigeria, une région majoritairement peuplée par l’ethnie igbo. Cette revendication ravive les mémoires du conflit sécessionniste qui avait ensanglanté le pays entre 1967 et 1970.

L’accusation a sollicité l’application de la peine maximale, invoquant la nature des infractions reprochées. L’avocat général Adegboyega Awomolo a insisté sur la compétence du tribunal pour prononcer une sentence capitale. En réponse, un ancien défenseur de l’intéressé a imploré la clémence des magistrats.

L’audience a été marquée par des incidents lorsque le principal concerné, qui assurait lui-même sa défense après avoir congédié ses conseils, a vivement protesté contre le rejet de sa demande de libération sous caution. Il a dû être évacué de la salle d’audience par les forces de l’ordre avant le prononcé du verdict.

La notoriété de Nnamdi Kanu remonte à 2015, lorsqu’il a utilisé Radio Biafra, une station basée à Londres, pour appeler à l’indépendance et évoquer la nécessité d’armes. Arrêté puis libéré sous caution en 2017, il avait fui le territoire national après une opération militaire visant son domicile. Son extradition depuis le Kenya en 2021 avait suscité des controverses juridiques.

Son organisation est régulièrement accusée d’imposer des journées de confinement forcé qui paralysent l’activité économique dans le sud-est du pays, tout en étant soupçonnée d’alimenter les tensions communautaires. Les forces gouvernementales font également l’objet de critiques pour leurs méthodes dans cette région, où des exactions auraient été commises.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de résurgence des revendications séparatistes, comme en témoigne la condamnation récente en Finlande d’un autre militant biafrais, Simon Ekpa. La question biafraise demeure une problématique sensible au Nigeria, où les fractures ethniques et religieuses continuent de menacer la cohésion nationale.

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