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Le rail espagnol paralysé par la colère des conducteurs

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Les cheminots ont entamé un mouvement de grève de trois jours pour exiger des investissements urgents dans la sécurité, après deux accidents ferroviaires meurtriers survenus en janvier.

Les conducteurs de train espagnols ont cessé le travail lundi, engageant un arrêt de trois jours pour protester contre ce qu’ils qualifient de dégradation alarmante des infrastructures. Ce mouvement de protestation fait suite à deux événements dramatiques survenus le mois dernier, ayant coûté la vie à quarante-sept personnes. Les syndicats pointent du doigt des années de sous-investissement et un manque d’entretien du réseau, qu’ils estiment être à l’origine de ces accidents.

À Madrid comme à Barcelone, les gares ont présenté un visage perturbé. Si un service minimum a été imposé par les autorités, assurant une partie des liaisons de banlieue, les conséquences pour les usagers ont été palpables. La gare d’Atocha, à Madrid, a connu des tensions importantes durant les heures de pointe du matin, avec des quais saturés et des retards. Des représentants syndicaux distribuaient des tracts aux voyageurs, appelant à leur compréhension et dénonçant une politique de fragmentation et de coupes budgétaires jugée responsable de la situation.

À Barcelone, la gare de Sants offrait un contraste saisissant avec son animation habituelle, marquée par un calme inhabituel et des écrans affichant de nombreuses suppressions de trains. Certains voyageurs, bloqués depuis plusieurs heures, ont exprimé leur exaspération face aux perturbations, tout en affirmant souvent comprendre les motivations des grévistes. La fréquentation des trains régionaux restait faible, une méfiance persistante s’étant installée chez les usagers après des semaines de retards et d’annulations répétées.

Les deux accidents à l’origine de cette mobilisation ont profondément ébranlé le secteur. Le premier, une collision entre deux trains à grande vitesse survenue le 18 janvier près d’Adamuz, en Andalousie, a fait quarante-six victimes. Le second, un déraillement causé par un éboulement deux jours plus tard à Gelida, en Catalogne, a entraîné la mort d’un conducteur. Ces événements ont mis en lumière les tensions sur un réseau qui, selon les syndicats, doit supporter un trafic passagers ayant plus que doublé en une décennie, sans que les investissements nécessaires n’aient suivi.

Les enquêtes sur les causes précises de l’accident d’Adamuz se poursuivent, un rapport définitif n’étant pas attendu avant plusieurs mois. Les organisations syndicales estiment que ces tragédies, bien que terribles, ont enfin forcé les pouvoirs publics à prêter une oreille plus attentive à leurs alertes répétées sur l’état du réseau. Pour les conducteurs en grève, l’impératif est désormais clair. Il s’agit d’obtenir des garanties concrètes pour un système ferroviaire public, sécurisé et correctement financé.

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