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Le Portugal confirme son ancrage démocratique face à la poussée de l’extrême droite

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À l’issue du scrutin présidentiel, le pays opte résolument pour la continuité institutionnelle, tandis que la formation d’André Ventura consolide sa place dans le paysage politique, sans parvenir à s’imposer.

Les électeurs portugais ont accordé une victoire nette au candidat socialiste Antonio José Seguro lors du second tour de l’élection présidentielle. Ce résultat est largement interprété comme un plébiscite en faveur de la stabilité des institutions, dans un contexte où la formation d’extrême droite Chega, bien que renforcée, n’a pas réussi à provoquer la rupture qu’elle appelait de ses vœux.

Le futur chef de l’État, qui succédera au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, a immédiatement placé son mandat sous le signe de la continuité et du dialogue avec les autres pouvoirs. Il s’est engagé à ne pas constituer un contre-pouvoir systématique, tout en se disant exigeant dans l’exercice de ses fonctions. Son intention de préserver une période sans élections nationales a été clairement affirmée, indiquant une volonté de laisser au gouvernement la possibilité de mettre en œuvre son programme.

La campagne et le résultat ont cependant confirmé l’installation durable de Chega dans le paysage politique. Son candidat, André Ventura, a enregistré un score historique pour son mouvement, dépassant le tiers des suffrages. Cette performance, supérieure à celle des dernières législatives, atteste d’une dynamique ascendante et d’une capacité à mobiliser un électorat significatif. Les analystes soulignent que cette progression place la droite traditionnelle, emmenée par le Premier ministre Luis Montenegro, devant un défi persistant pour contenir cette influence grandissante.

La réaction du gouvernement a été de saluer l’élection et d’anticiper une relation de coopération avec le nouveau président. Le chef de l’exécutif a évoqué la période de stabilité institutionnelle qui s’ouvre, propice selon lui à l’action politique. Il a toutefois reconnu la nécessité d’ajuster certains projets de loi, notamment sur le travail, pour tenir compte des réserves exprimées par Antonio José Seguro durant la campagne.

Dans l’opinion publique, le scrutin a suscité des réactions contrastées. Si le désir de stabilité a été un moteur important du vote, certains citoyens expriment une forme de lassitude face à un rôle présidentiel qu’ils perçoivent comme avant tout protocolaire. Le sentiment que le statu quo politique est privilégié, par crainte de l’incertitude, ressort des discussions dans l’espace public.

L’élection dessine ainsi une configuration politique où la stabilité institutionnelle sort renforcée, tout en intégrant la réalité d’une extrême droite désormais incontournable. Le mandat qui s’annonce sera marqué par la recherche d’un équilibre entre la poursuite des réformes gouvernementales et la nécessité de composer avec une opposition radicale dont la voix porte de plus en plus.

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