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Le Parlement valide le report électoral en Nouvelle-Calédonie

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Le report des élections provinciales ouvre la voie à une réforme constitutionnelle destinée à apaiser les tensions dans l’archipel, tout en cristallisant les oppositions.

Les parlementaires s’apprêtent à entériner ce mercredi le report des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie. Cette décision constitue une première étape avant l’engagement de discussions sur une transformation institutionnelle d’envergure, dans un contexte marqué par les violences survenues au printemps 2024. Le texte organique, qui devrait recevoir l’approbation définitive du Sénat en fin de journée, prévoit le report du scrutin initialement programmé en novembre au 28 juin 2026 au plus tard.

L’Assemblée nationale a adopté la proposition de loi par 279 voix contre 247, bénéficiant du soutien de la majorité présidentielle et des socialistes, tandis que le Rassemblement national et une partie de la gauche s’y opposaient. Le processus législatif se heurte néanmoins à une motion de rejet déposée par le sénateur indépendantiste Robert Xowie.

Ce report électoral s’inscrit dans le cadre plus large de l’accord de Bougival, conclu en juillet, qui prévoit l’inscription dans la Constitution d’un « État de la Nouvelle-Calédonie » et aborde la question épineuse de l’élargissement du corps électoral. Le système actuel, réservé aux résidents installés avant 1998 et leurs descendants, suscite l’opposition des loyalistes. Les partisans du report estiment nécessaire ce délai pour permettre la révision du cadre constitutionnel.

La position du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) reste fermement opposée à ce report. La coalition indépendantiste, qui a finalement rejeté l’accord de Bougival après l’avoir signé, organise vendredi une manifestation à Nouméa pour exprimer son désaccord. Pour les opposants à la réforme, ce report traduit la volonté du gouvernement d’accélérer le processus constitutionnel.

Des parlementaires ont exprimé leurs craintes quant à de possibles tensions, évoquant le risque de nouvelles violences comparables à celles ayant causé quatorze morts en 2024. Le député Emmanuel Tjibaou a souligné l’érosion de la confiance envers l’État, tandis que des tentatives de conciliation parlementaire ont cherché à apaiser le débat en supprimant toute référence à l’accord de Bougival du texte sur le report électoral.

Le gouvernement a entretenu une certaine confusion en annonçant puis en retirant l’inscription à l’ordre du jour parlementaire du projet de loi constitutionnelle pour janvier. Le ministre des Relations avec le Parlement a rappelé que l’accord de Bougival bénéficiait du soutien de formations politiques locales non indépendantistes et de l’Union nationale pour l’indépendance, mouvement ayant quitté le FLNKS en novembre 2024.

La ministre des Outre-mer a réaffirmé l’absence de toute volonté d’imposer un passage en force, précisant que l’accord pourrait être enrichi. Le député Nicolas Metzdorf a pour sa part exprimé l’espoir de voir le FLNKS revenir à la table des négociations, tout en plaidant pour un plan de relance économique ambitieux, incluant notamment des mesures de soutien à la filière nickel et des réformes fiscales.

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