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Le Mali face à une paralysie économique orchestrée par les groupes jihadistes

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Des blocages routiers et des attaques ciblées perturbent gravement l’approvisionnement du pays, mettant en lumière les défis sécuritaires persistants.

Plusieurs régions du Mali subissent depuis plusieurs jours des perturbations majeures dans leurs flux logistiques et commerciaux. Des groupes armés jihadistes ont instauré un système de barrages et de blocages sur les principaux axes routiers, particulièrement dans les zones frontalières avec le Sénégal et la Mauritanie. Ces artères vitales permettent habituellement l’acheminement de denrées essentielles et de produits de première nécessité.

La stratégie employée par ces groupes semble délibérément cibler l’économie nationale. Plusieurs convois de marchandises ont été interceptés, et au moins dix bus de transport ont été incendiés à travers le territoire. Une compagnie de transport privée, explicitement visée, a suspendu toutes ses activités pour des raisons de sécurité. Les produits pétroliers en provenance du Sénégal voisin font également l’objet d’attaques systématiques, obligeant les transporteurs à interrompre leurs livraisons.

La situation est particulièrement critique pour ce pays enclavé qui dépend fortement de ses voisins pour son approvisionnement en hydrocarbures, produits alimentaires et autres biens essentiels. Le port de Dakar constitue traditionnellement une porte d’entrée cruciale pour les importations maliennes. Or, aucun camion-citerne n’a effectué le trajet entre la capitale sénégalaise et Bamako ce week-end, en raison des risques encourus.

Face à cette dégradation, les autorités militaires ont initialement minimisé la portée de ces actions, évoquant des perturbations temporaires. Cependant, devant l’ampleur croissante des blocages, l’armée a finalement annoncé le déploiement de troupes supplémentaires sur les axes routiers de l’ouest et du sud du pays. Un conseil extraordinaire de défense s’est tenu à Bamako sous la présidence du chef de la junte, le général Assimi Goïta, pour examiner les mesures à prendre.

Cette crise sécuritaire intervient dans un contexte politique marqué par deux coups d’État successifs en 2020 et 2021. Le gouvernement de transition, qui a rompu avec ses partenaires occidentaux traditionnels au profit d’un rapprochement avec la Russie et la Chine, doit désormais faire face à une démonstration de force des groupes armés qui remettent en cause sa capacité à contrôler le territoire national.

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