Monde
Le leader séparatiste yéménite aurait gagné Abou Dhabi avec l’assistance émiratie
Selon des déclarations saoudiennes, le président du Conseil de transition du Sud, Aidarous al-Zoubaidi, se serait réfugié aux Émirats arabes unis après une tentative avortée de le convoquer à Riyad, accentuant les dissensions au sein de la coalition antirebelle.
La coalition dirigée par l’Arabie saoudite a fait état, ce jeudi, de la fuite du principal dirigeant séparatiste du Yémen vers le territoire des Émirats arabes unis. Cette annonce intervient au lendemain de son éviction des instances de la présidence yéménite et de son inculpation pour trahison, suite à son refus de se rendre dans la capitale saoudienne pour des discussions.
D’après les informations communiquées par Riyad, Aidarous al-Zoubaidi aurait quitté le port d’Aden à bord d’une embarcation à destination de Berbera, dans le Somaliland, avant d’emprunter un vol acheminé par des responsables émiritis avec une escale à Mogadiscio, pour finalement atterrir sur une base militaire d’Abou Dhabi. Les autorités somaliennes ont indiqué avoir ouvert une enquête sur l’éventuel usage non autorisé de leur espace aérien. De son côté, le porte-parole du Conseil de transition du Sud a simplement affirmé que son leader était toujours présent dans le sud du Yémen, sans fournir de localisation précise.
Cette affaire survient dans un contexte de vives tensions entre les deux alliés du Golfe, exacerbées par une récente offensive des forces séparatistes dans les provinces de l’est. Ces dernières s’étaient emparées de vastes zones en décembre, avant d’en être délogées début janvier par des factions loyalistes soutenues par Riyad. L’Arabie saoudite avait alors sommé M. al-Zoubaidi de se présenter à des pourparlers, ultimatum resté sans suite.
L’épisode illustre les profondes fractures au sein du camp gouvernemental yéménite, partagé entre les indépendantistes du Sud, soutenus par Abou Dhabi, et d’autres groupes alignés sur Riyad. Si les deux puissances s’étaient alliées en 2015 contre les rebelles houthis, leur entente s’est considérablement dégradée. Riyad a récemment accusé son partenaire d’actions « extrêmement dangereuses ».
Alors qu’une délégation du mouvement séparatiste se trouve toujours à Riyad, dénonçant des arrestations arbitraires, le sort de son leader reste incertain. Son portrait, assorti de la mention « recherché », figurait en une d’un quotidien saoudien. Pour certains observateurs, le transfert présumé d’Aidarous al-Zoubaidi vers les Émirats pourrait signaler un recul de l’influence d’Abou Dhabi au Yémen, face à la prééminence retrouvée de l’Arabie saoudite. Sur le terrain, des troupes appuyées par Riyad ont été déployées à Aden, où les édifices publics sont désormais sous le contrôle de cadres ayant approuvé la mise à l’écart du dirigeant séparatiste.
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