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Le fugu, blouse ancestrale, connaît une renaissance inédite au Ghana

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Une initiative présidentielle et un débat public ont propulsé ce vêtement traditionnel au cœur d’un mouvement populaire, stimulant la demande et valorisant le savoir-faire local.

La tenue traditionnelle ghanéenne, une blouse ample et colorée connue sous les noms de fugu, smock ou batakari, connaît un essor remarquable. Cet engouement s’est amplifié à la suite d’une déclaration gouvernementale instituant le mercredi comme journée officielle de promotion de ce vêtement. Cette décision fait suite à une polémique née lors d’un déplacement présidentiel à l’étranger, où le chef de l’État avait arboré ce costume, suscitant des réactions contrastées sur les réseaux sociaux.

Dans les rues d’Accra, les commerçants constatent une hausse significative des commandes. Les étals se vident rapidement, et les artisans peinent à répondre à l’afflux des clients. Beaucoup de Ghanéens expriment désormais le souhait de porter une pièce qui affirme leur identité nationale, recherchant spécifiquement les modèles portés par les figures publiques. Cette dynamique dépasse le simple effet de mode pour toucher à un sentiment de fierté patrimoniale.

Traditionnellement confectionné sur des métiers à bandes étroites dans le nord du pays, le fugu était historiquement porté lors de cérémonies et de festivals. Son usage s’est progressivement étendu à la vie politique et professionnelle. Les tisserands observent un intérêt croissant des jeunes générations pour les techniques de fabrication et l’origine de ce textile. Le fait que des personnalités l’adoptent contribue à en rappeler la valeur culturelle intrinsèque.

Au-delà de sa dimension symbolique, cette soudaine popularité représente une opportunité économique pour les artisans locaux, souvent confrontés à la concurrence de vêtements importés à bas coût. Les observateurs soulignent que le batakari, considéré comme un habit national informel, se distingue par son usage quotidien et pratique, à la différence d’autres textiles plus cérémoniels.

Cette renaissance s’inscrit dans un contexte plus large de promotion des industries culturelles et de la production nationale. Le choix de porter un vêtement tissé localement est perçu comme un acte à la fois identitaire et économique, soutenant toute une chaîne d’artisans et de commerçants. Le mouvement actuel autour du fugu illustre ainsi comment un héritage culturel peut se muer en un levier de développement et d’affirmation collective.

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