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Le duo présidentiel sénégalais face à l’épreuve du pouvoir

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L’alliance entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko traverse une phase de turbulences, malgré une unité affichée en public. Leur entente, cruciale pour la stabilité politique du pays, est scrutée à la loupe.

Le Sénégal vit une configuration politique inédite depuis l’élection présidentielle de 2024. Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, doit en grande partie sa fonction à son actuel Premier ministre, Ousmane Sonko, dont la candidature avait été invalidée. Leur partenariat, forgé durant des années de lutte commune et d’emprisonnement, incarne aux yeux de nombreux Sénégalais, particulièrement les plus jeunes, une promesse de renouveau.

En apparence, la répartition des rôles semble fonctionner. Le président s’occupe principalement des dossiers internationaux avec une retenue caractéristique, tandis que le chef du gouvernement gère les affaires domestiques avec un style plus direct, parfois provocateur. Les marques publiques de respect mutuel et de camaraderie sont fréquentes.

Cependant, des tensions latentes sont récemment apparues au grand jour. Début juillet, Ousmane Sonko a vivement critiqué le président, évoquant un « problème d’autorité » dans la gestion du pays. Ses propos, perçus comme une remise en cause frontale, ont jeté un froid et alimenté les spéculations sur la solidité de leur alliance.

La source de ce malaise résiderait dans un sentiment de manque de soutien de la part du président face aux attaques visant Sonko, personnage clivant autant adulé que contesté. Si la crise a été publiquement désamorcée, les observateurs notent une fracture persistante, notamment au sein de leur formation politique, le Pastef.

Certains militants et élus proches du Premier ministre affichent ouvertement leur loyauté envers ce dernier, allant jusqu’à le qualifier de « président légitime », une formule qui relativise la légitimité électorale de Bassirou Diomaye Faye. Cette polarisation interne pourrait s’accentuer à l’approche de la prochaine échéance présidentielle, en 2029.

Malgré ces dissensions, les deux hommes restent liés par un destin politique commun. Le président Faye reconnaît lui-même sa dette envers Sonko, sans lequel il ne serait probablement pas arrivé au pouvoir. Inversement, le Premier ministre bénéficie d’une influence considérable, mais le chef de l’État détient l’autorité institutionnelle.

Leur complémentarité, souvent soulignée, reste un atout pour affronter les défis socio-économiques du pays. Une rupture entre eux serait perçue comme une trahison par de nombreux électeurs et affaiblirait considérablement leur projet politique. Pour l’heure, l’équilibre reste précaire, mais nécessaire.

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