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Le dernier refuge pour les enfants afghans

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Dans l’ouest de l’Afghanistan, un hôpital soutenu par une organisation humanitaire constitue souvent l’ultime recours pour des milliers de familles confrontées à la malnutrition infantile, dans un contexte de crise économique et de réduction de l’aide internationale.

Les couloirs de l’unité pédiatrique de l’hôpital régional de Hérat accueillent des visages marqués par l’épuisement et l’inquiétude. Des mères veillent jour et nuit auprès de nourrissons au regard vide, dont la maigreur témoigne d’une lutte silencieuse pour la survie. Cet établissement public, appuyé par des équipes médicales internationales, est devenu une destination de dernier recours pour de nombreuses familles afghanes, certaines ayant parcouru plusieurs centaines de kilomètres depuis des provinces dépourvues de structures de santé adéquates.

La situation nutritionnelle dans le pays connaît une dégradation continue. Les responsables humanitaires sur place observent une augmentation constante, depuis cinq ans, du nombre d’enfants nécessitant des soins spécialisés. Les projections pour l’année en cours sont alarmantes, avec près de quatre millions d’enfants afghans ayant besoin d’un traitement contre la malnutrition aiguë. Sans une prise en charge immédiate, leur pronostic vital est engagé.

Plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer cette aggravation. Le retrait des forces internationales en 2021 et le changement de régime ont entraîné une contraction drastique de l’aide au développement et une paralysie économique. Les conséquences sont particulièrement lourdes pour les foyers les plus modestes, déjà vulnérables. À ces difficultés structurelles s’ajoutent des épisodes climatiques récurrents, comme la sécheresse, ainsi que le retour forcé de millions d’Afghans depuis l’Iran et le Pakistan, accentuant la pression sur des ressources déjà limitées.

Au sein du centre nutritionnel, le personnel soignant déploie une énergie considérable. Chaque mois, plus de trois cents enfants y sont admis. Le protocole inclut une alimentation thérapeutique enrichie, des soins médicaux et un accompagnement psychosocial pour les mères, souvent elles-mêmes affaiblies. Le soutien à l’allaitement maternel constitue un axe prioritaire, car de nombreuses femmes, confrontées à la précarité ou à des conditions de travail pénibles, voient leur lactation diminuer, compromettant davantage la santé de leur enfant.

Les histoires qui se nouent dans ces salles reflètent la complexité de la crise. Certaines familles épuisent leurs maigres économies en consultations infructueuses avant d’atteindre Hérat. D’autres doivent composer avec des pathologies sous-jacentes, comme des malformations cardiaques, nécessitant des interventions chirurgicales coûteuses et inaccessibles. L’angoisse du lendemain est palpable, qu’il s’agisse de la crainte de ne pas pouvoir nourrir sa famille ou de l’expulsion d’un proche travaillant à l’étranger, dernière source de revenus.

Le financement des opérations humanitaires représente un défi majeur. Les agences des Nations unies estiment que plusieurs centaines de millions de dollars sont nécessaires pour répondre aux besoins alimentaires de base de la population afghane. Les fonds disponibles restent insuffisants, laissant planer le spectre d’une aggravation de la situation. Dans ce contexte, les équipes médicales sur le terrain poursuivent leur mission, une admission à la fois, tentant de redonner un avenir à des enfants dont la vie ne tient souvent qu’à un fil.

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