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L’attente insoutenable des familles devant les prisons vénézuéliennes

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Alors que Caracas a annoncé des libérations de détenus, des dizaines de proches se pressent devant les centres pénitentiaires, suspendus entre un espoir ténu et l’amertume du silence officiel.

Depuis l’annonce des autorités, un mouvement continu anime les abords des établissements carcéraux. Des familles, souvent venues de loin, campent dans l’espoir d’apercevoir un parent. Certaines ont passé la nuit sur le sol, déterminées à ne pas quitter les lieux avant d’obtenir une réponse. La promesse de remises en liberté, formulée dans des termes vagues et sans calendrier précis, a créé un climat de tension et d’incertitude palpable.

Devant la prison El Rodeo, à Guatire, l’attente se mêle à la frustration. Les rumeurs sur les noms des bénéficiaires circulent, mais les confirmations se font rares. Des cris annonçant l’arrivée de documents officiels suscitent des moments de lière collective, vite retombés. Les organisations de défense des droits humains peinent elles-mêmes à établir un bilan clair des personnes effectivement relâchées, évoquant seulement quelques cas avérés.

Les récits des familles illustrent l’opacité qui entoure le sort de nombreux détenus. Certains ignorent jusqu’aux événements politiques récents survenus dans le pays. Une femme raconte avoir dû informer son père détenu de l’actualité, provoquant des réactions vives parmi les prisonniers à l’écoute. D’autres proches, en revanche, sont sans aucune nouvelle depuis des semaines, ne sachant même pas où se trouve leur parent arrêté.

Devant le centre de détention de l’Hélicoïde, un bâtiment tristement célèbre à Caracas, le va-et-vient de véhicules officiels contraste avec la détresse immobile des familles. Certaines ont attendu toute la nuit, reparties à l’aube pour revenir quelques heures plus tard, perpétuant une veille épuisante. Le manque d’information officielle et l’impossibilité de localiser les détenus alimentent une anxiété profonde.

Cette attente collective met en lumière les conditions de détention et les procédures judiciaires opaques dénoncées de longue date par les observateurs internationaux. Alors que quelques figures connues ont retrouvé la liberté, le sort de centaines d’autres personnes, militaires ou civils, demeure incertain. Pour les familles rassemblées, chaque minute qui passe est une épreuve, entretenue par l’espoir ténu d’une libération et la crainte d’un nouveau silence.

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