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Politique

L’Assemblée nationale s’attaque au budget sensible de la Sécurité sociale

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Les députés ont entamé l’examen d’un projet de financement qui suspend la réforme des retraites tout en imposant des mesures d’économie contestées, dans un contexte politique particulièrement tendu.

L’hémicycle du Palais-Bourbon est le théâtre d’un nouveau marathon législatif autour du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Ce texte, qui prévoit la suspension de la réforme des retraites, contient également des dispositions économiques qui divisent profondément les forces politiques. Son adoption définitive, prévue pour la semaine prochaine, reste largement incertaine compte tenu des désaccords persistants.

Dès mardi soir, les débats ont révélé les fractures parlementaires. Les députés ont supprimé l’article liminaire présentant les prévisions financières, lors d’un scrutin serré où socialistes et écologistes ont adopté des positions distinctes. Le rejet plus net de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie pour 2025 a confirmé les résistances multiformes qui s’expriment sur ce texte.

Le gouvernement défend un plan de rigueur destiné à réduire le déficit de la Sécurité sociale, qui passerait de 23 milliards cette année à 17,5 milliards en 2026. Cette trajectoire implique notamment une forte modération des dépenses de santé, avec une progression limitée à 1,6% en 2026, générant des économies estimées à 7,1 milliards d’euros. La ministre de la Santé a justifié cette orientation en soulignant la nécessité de préserver la soutenabilité du système.

Le calendrier législatif prévoit des discussions article par article jusqu’à dimanche, avant un vote solennel le 12 novembre. La question centrale de la suspension des retraites, condition posée par les socialistes pour ne pas censurer le texte, pourrait être reportée à la veille du scrutin final. Cette suspension représenterait un coût financier substantiel, évalué à au moins 100 millions d’euros en 2026 puis 1,4 milliard en 2027.

Les modalités de financement font l’objet de vives controverses. Si le gouvernement a évoqué diverses pistes, dont une taxation accrue des complémentaires santé, la proposition socialiste d’augmenter la contribution sociale généralisée sur les revenus du capital trouve un écho favorable dans certains rangs majoritaires. Les républicains s’y opposent en revanche fermement, mettant en avant l’impact sur l’épargne des ménages.

L’exécutif a manifesté une certaine flexibilité, acceptant notamment de renoncer au gel des pensions et des minima sociaux. Le Premier ministre a toutefois rappelé la nécessité de préserver l’équilibre économique général. Dans ce contexte, l’issue du vote dépendra largement des positions d’abstention, que ce soit chez les socialistes ou au Rassemblement national, dont la leader n’a exclu aucune option. Le sort du texte, qui devra ensuite être examiné par le Sénat, se jouera dans un équilibre politique particulièrement fragile.

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