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L’arrestation de Maduro ne suffit pas à convaincre la diaspora

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La chute du président vénézuélien, capturé par les forces américaines, a suscité un espoir immense parmi les millions d’exilés. Mais la prudence reste de mise face à un pouvoir dont les structures demeurent largement intactes.

L’annonce de l’intervention ayant conduit à l’arrestation de Nicolas Maduro a d’abord provoqué des scènes de liesse au sein des communautés vénézuéliennes établies à l’étranger. Cet élan d’émotion a toutefois rapidement laissé place à une attitude réservée et attentive. Pour de nombreux exilés, qui ont quitté leur pays au cours de la dernière décennie, la perspective d’un retour immédiat semble prématurée. Ils observent désormais l’évolution de la situation avec une certaine circonspection, estimant qu’aucune transition politique réelle n’est encore engagée.

Les déclarations américaines évoquant une « nouvelle ère » et une prise en main du processus par Washington n’ont pas suffi à dissiper les doutes. La sociologue Ligia Bolivar, réfugiée en Colombie, souligne l’absence de changement de régime. Cette analyse est partagée par de nombreux compatriotes, qui jugent les fondements du pouvoir antérieur toujours en place. La désignation de Delcy Rodriguez à la tête d’un gouvernement intérimaire, où figurent toujours des piliers de l’ancien appareil sécuritaire, conforte cette impression de continuité.

Les motivations à différer un éventuel rapatriement sont multiples. L’état de l’économie nationale, exsangue après des années de crise, constitue un frein majeur. Beaucoup préfèrent poursuivre leur activité professionnelle à l’étranger afin de continuer à soutenir financièrement leurs proches restés au pays. Par ailleurs, la crainte persiste vis-à-vis des structures répressives, dont les manifestations récentes à Caracas ont rappelé la présence active. La figure de Diosdado Cabello, notamment, incarne pour beaucoup cette menace toujours palpable.

La position adoptée par l’administration américaine, choisissant de traiter avec les représentants de l’ancien régime plutôt qu’avec l’opposition démocratique, a également été perçue comme un signal déconcertant. L’éviction de la dirigeante opposante Maria Corina Machado, pourtant lauréate du Prix Nobel de la paix, du processus de transition a suscité incompréhension et déception. Certains observateurs y voient néanmoins une étape tactique, jugée nécessaire pour assurer une passation contrôlée et éviter des représailles contre les figures du changement.

Dans l’attente d’évolutions plus claires, la diaspora maintient donc une posture d’observation. Comme le résume un exilé installé depuis huit ans en Colombie, le retour n’est envisagé que lorsque le pays sera « complètement libre ». Après une attente aussi longue, patienter quelques mois supplémentaires ne semble pas un prix trop élevé à payer pour s’assurer d’un avenir stable.

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