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L’Anses tire la sonnette d’alarme sur l’impact des réseaux sociaux pour les adolescents

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L’agence sanitaire française publie un avis scientifique accablant, pointant les effets délétères des plateformes sur le bien-être mental des jeunes, et particulièrement des filles. Cette expertise nourrit le débat législatif en cours sur une éventuelle interdiction d’accès avant 15 ans.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire alerte sur les conséquences significatives de l’exposition aux réseaux sociaux pour la santé psychique des mineurs. Dans un avis rendu public mardi, fruit de cinq années d’expertise pluridisciplinaire, l’institution dresse un constat sans appel. Les effets négatifs, bien documentés par l’analyse de près d’un millier d’études, sont multiples et préoccupants.

Le modèle économique des plateformes, fondé sur la maximisation du temps passé en ligne, exploite les vulnérabilités propres à l’adolescence. Les systèmes de captation de l’attention, comme le défilement infini ou la personnalisation extrême des contenus, rencontrent un public en pleine construction, au jugement des pairs survalorisé et aux capacités de régulation encore immatures. Le smartphone, utilisé quotidiennement pendant plusieurs heures par la moitié des 12-17 ans, devient une caisse de résonance inédite pour les stéréotypes, les comportements à risque et le cyberharcèlement.

Cette exposition soutenue se fait souvent au détriment du sommeil, engendrant fatigue, irritabilité et favorisant l’émergence de symptômes dépressifs. Par ailleurs, la diffusion massive d’idéaux corporels normatifs et souvent inatteignables, via des images retouchées, peut conduire à une dévalorisation de soi. Ce terrain est propice au développement de troubles du comportement alimentaire.

Les algorithmes de recommandation exposent certains jeunes à des contenus particulièrement nocifs, incitant à l’automutilation, au suicide ou à la participation à des défis dangereux. Les cyberviolences, facilitées par l’anonymat et la viralité, prennent des formes variées, allant de l’insulte à la diffusion non consentie d’images intimes.

L’agence observe que les filles sont davantage touchées par ces phénomènes, en raison d’une utilisation plus intensive, d’une pression sociale liée aux stéréotypes de genre plus forte et d’une plus grande exposition au cyberharcèlement. Les jeunes issus de la communauté LGBTQI+ ou présentant des fragilités psychiques préexistantes constituent également des publics plus vulnérables.

Face à ce constat, l’Anses préconise une action résolue à la source. Elle appelle les plateformes à concevoir des environnements spécifiquement paramétrés pour protéger les mineurs, en modifiant en profondeur leurs algorithmes et leurs interfaces. L’agence souligne que la mise en place de systèmes de vérification d’âge fiables et de recueil du consentement parental effectif relève de la responsabilité des géants du numérique, dans le cadre du respect de la réglementation européenne.

Ces conclusions scientifiques viennent étayer les discussions parlementaires en cours. Deux propositions de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux avant l’âge de 15 ans sont actuellement à l’étude, l’une portée par l’exécutif, l’autre par des sénateurs. L’enjeu, selon les experts, est d’instaurer un cadre de gouvernance et des mesures de contrôle à la hauteur des risques identifiés pour la santé publique.

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