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L’année 2026, fragile horizon d’attente pour une bande de Gaza exsangue

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Alors que s’achève une année de plus marquée par la guerre et la destruction, la population de l’enclave palestinienne tente de se projeter vers un avenir meilleur, entre résignation et volonté de survivre.

Les derniers jours de l’année 2025 ont laissé place à des gestes discrets, presque dérisoires face à l’ampleur des ruines. Sur une toile de tente, une adolescente a peint les chiffres de la nouvelle année. Plus loin, sur une plage, un artiste a éphémèrement gravé ce même millésime dans le sable. Ces modestes symboles, saisis au crépuscule de décembre, résument le paradoxe d’une société épuisée mais qui refuse d’abdiquer tout espoir. Pour les quelque 2,2 millions d’habitants de la bande de Gaza, le quotidien demeure un combat pour les nécessités les plus élémentaires, dans un paysage urbain largement anéanti où les réseaux d’eau et d’électricité ne fonctionnent plus que par intermittence.

Des centaines de milliers de personnes continuent de résider dans des abris de fortune, alignés le long des avenues ou au milieu des décombres d’immeubles pulvérisés. Les déplacements forcés, à répétition, ont disloqué les communautés et les familles. L’hiver apporte son lot d’épreuves supplémentaires, avec des intempéries qui transforment les camps en bourbiers et accentuent les risques sanitaires. Les organisations humanitaires présentes sur le terrain alertent régulièrement sur la précarité des approvisionnements en nourriture, en eau potable et en médicaments, une situation qui pourrait encore se tendre face aux restrictions d’accès imposées par les autorités israéliennes.

Dans ce contexte, l’aspiration à une vie normale relève presque de l’utopie. Les conversations recueillies auprès des habitants évoquent des attentes simples mais cruciales. Pouvoir de nouveau bénéficier d’un courant électrique stable, circuler dans des rues débarrassées des tentes, ou simplement retrouver un logement permanent, constituent les premiers jalons d’une normalité perdue. Cette quête de stabilité s’accompagne d’une lassitude profonde, nourrie par le souvenir des disparus et la perte des biens. Le sentiment prédominant est celui d’un cycle de violence et de précarité dont il semble impossible de s’extraire.

Pourtant, la perspective d’une nouvelle année sert de point d’ancrage à une forme de résilience collective. Malgré la fragilité de la trêve en vigueur et les incertitudes qui pèsent sur tout processus politique, une partie de la population s’accroche à l’idée que l’année 2026 pourrait marquer un tournant. Cet espoir, aussi ténu soit-il, se mue en une force psychologique essentielle pour affronter les difficultés du présent. Il se traduit par des souhaits de reconstruction, de retour à la paix et de recouvrement d’une dignité longtemps mise à mal. L’avenir immédiat reste empreint de graves défis humanitaires et politiques, mais au milieu des ruines, la volonté de croire en des jours meilleurs persiste, tel un rempart contre le désespoir.

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