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L’ancienne otage du Hamas Or Levy témoigne en Afrique du Sud

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Libérée après 491 jours de captivité, elle parcourt le monde pour raconter son calvaire et alerter sur le sort des otages encore détenus à Gaza.

Dans une synagogue de Johannesburg, le silence n’est rompu que par les sanglots étouffés de l’assistance. Or Levy, rescapée des attaques du 7 octobre, achève le récit de sa détention prolongée sous la terreur du Hamas. Libérée en février dernier après seize mois de captivité, elle poursuit désormais une mission de témoignage à l’étranger, notamment en Afrique du Sud, pays qui a pourtant porté plainte contre Israël pour génocide devant la Cour internationale de justice.

Son récit, précis et poignant, décrit des conditions de détention inhumaines. Enchaînée en permanence, privée de lumière et de nourriture suffisante, elle affirme n’avoir vu le soleil qu’une seule fois en 2024. Mais au-delà de la souffrance physique, c’est la perte de son épouse, assassinée le jour même de l’enlèvement, qui marque durablement son histoire. La libération fut à la fois un soulagement et une déchirure, lorsqu’elle apprit que son fils, aujourd’hui âgé de quatre ans, avait prononcé ces mots terribles : « Maman est morte. »

Ces prises de parole publiques, bien que douloureuses, revêtent pour elle une dimension thérapeutique. « Tout le monde doit entendre », insiste-t-elle, déterminée à briser l’indifférence. Son combat rejoint celui d’organisations juives locales qui, depuis mai, ont organisé seize visites similaires d’anciens otages ou de proches de victimes. Une démarche qui n’est pas sans susciter des critiques. Certains y voient une instrumentalisation des traumatismes à des fins politiques, visant à contrer le discours majoritairement pro-palestinien en Afrique du Sud.

La communauté juive sud-africaine, historiquement engagée contre l’apartheid, est aujourd’hui traversée de vives tensions. Alors que les autorités israéliennes espèrent renforcer les liens avec cette diaspora, des voix dissidentes, comme celle de l’organisation SAJFP, dénoncent une stratégie de diabolisation de l’adversaire. Pour Or Levy, cependant, témoigner ici revêt une importance particulière. « Venir en Afrique du Sud est plus significatif que de prêcher des convaincus », confie-t-elle, convaincue que son récit peut contribuer à une meilleure compréhension mutuelle.

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