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Société

L’ancien sénateur face à ses juges, une défense fondée sur l’oubli

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_**Devant le tribunal correctionnel de Paris, Joël Guerriau a exposé sa version des faits, évoquant un épisode dépressif et un geste qu’il présente comme une négligence.**_

L’audience a été marquée par les explications de l’ancien élu centriste, poursuivi pour avoir administré une substance à la députée Sandrine Josso. D’une voix calme, l’homme de 68 ans a longuement décrit un état de profonde lassitude et d’anxiété à l’automne 2023, peu après sa réélection au Sénat. Il a évoqué une fatigue accumulée et des pressions personnelles l’ayant conduit, selon ses dires, à accepter de la part d’un collègue parlementaire une poudre présentée comme un simple remède végétal aux vertus apaisantes.

La veille de la rencontre avec la parlementaire, en proie à une vive angoisse, il affirme avoir préparé cette substance dans une coupe avant d’y renoncer. Il déclare avoir ensuite rangé le verre sans en vider le contenu, un détail qu’il dit avoir complètement omis le soir suivant. Lorsque Sandrine Josso est arrivée à son domicile parisien pour un dîner, il a servi le champagne dans ce qui s’est avéré être le verre concerné. L’élu a soutenu ne s’être souvenu de sa présence qu’en cours de soirée, alors que son invitée commençait à manifester les premiers signes d’un malaise.

La députée a pour sa part rapporté des sensations physiques immédiates et violentes après avoir consommé la boisson, ainsi qu’un comportement qu’elle a jugé inquiétant de la part de son hôte. Son état l’a conduite à quitter les lieux précipitamment pour se rendre dans un établissement hospitalier, où des examens ont mis en évidence une concentration très élevée de MDMA dans son organisme. Les magistrats ont fait remarquer le caractère singulier de cette succession d’oublis et d’actes manqués.

L’accusé a fermement nié toute arrière-pensée de nature sexuelle, une motivation pourtant retenue par l’accusation. Il a exprimé ses regrets à l’égard de la plaignante, tout en maintenant que ses actes étaient dépourvus d’intention malveillante. L’audience se poursuivra pour examiner l’ensemble des éléments de cette affaire, souvent citée en exemple des risques de soumission chimique.

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