Économie
Lancement du « Conseil de paix » de Trump à Davos, avec un appel à Moscou
L’ancien président américain a officiellement lancé son initiative diplomatique parallèle, réunissant une vingtaine de dirigeants, tout en pressant la Russie de mettre un terme au conflit ukrainien. La démarche suscite des réserves parmi plusieurs alliés traditionnels des États-Unis.
Donald Trump a procédé ce jeudi au lancement formel de son « Conseil de paix », une structure internationale qu’il présidera et dont la charte fondatrice a été signée en marge du Forum économique mondial de Davos. Une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement ont rejoint cette instance, présentée comme destinée à faciliter la résolution des conflits. Peu après, s’adressant à la presse, l’ancien président a lancé un appel direct à la Russie, affirmant que la guerre en Ukraine devait cesser.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, présent sur place pour une rencontre avec M. Trump, a pour sa part indiqué que les documents relatifs à un éventuel accord de cessation des hostilités étaient quasiment finalisés. Il a toutefois souligné la complexité des échanges et réitéré le rôle indispensable du soutien américain, sans lequel, selon lui, aucune garantie de sécurité ne serait viable. Le dirigeant ukrainien a par ailleurs exprimé ses regrets quant à la fragmentation persistante de l’Europe, qu’il a décrite comme un ensemble de puissances moyennes plutôt que comme un bloc unifié de premier plan.
La composition du nouveau conseil reflète les affinités diplomatiques de son initiateur. Parmi les premiers signataires figurent des alliés politiques notoires comme le président argentin Javier Milei et le Premier ministre hongrois Viktor Orban. Des pays tels que le Maroc, la Turquie ou l’Indonésie ont également adhéré. L’accès à un siège permanent au sein de l’organisation est conditionné à une contribution financière d’un milliard de dollars. En revanche, plusieurs capitales occidentales, dont Paris et Londres, ont décliné l’invitation, tandis que de nombreux États du Moyen-Orient, comme l’Arabie saoudite et le Qatar, ont manifesté leur intérêt.
Lors de la cérémonie de lancement, Donald Trump a également évoqué d’autres dossiers conflictuels. Concernant le Hamas, il a averti que le mouvement devait déposer les armes, sous peine d’être « liquidé ». Il a par ailleurs annoncé la réouverture imminente du point de passage de Rafah entre l’Égypte et la bande de Gaza. Au sujet de l’Iran, l’ancien président a affirmé que Téhéran souhaitait engager des discussions avec Washington, une ouverture que les États-Unis seraient prêts à explorer.
La position de la Russie vis-à-vis de cette nouvelle instance reste en suspens. Si M. Trump a déclaré que Vladimir Poutine avait accepté une invitation, Moscou a pour l’heure indiqué qu’elle l’étudiait. Cette éventuelle participation constitue une source de préoccupation majeure pour Kiev. Un envoyé spécial américain s’est rendu à Moscou jeudi pour poursuivre les discussions, précisant qu’un seul point restait à régler dans les négociations.
Parallèlement, les tensions récentes concernant le Groenland semblent s’apaiser. Après des semaines de déclarations belliqueuses, Donald Trump a annoncé avoir trouvé un cadre d’accord avec le secrétaire général de l’OTAN, levant ses menaces commerciales et militaires. L’objectif déclaré est désormais d’assurer collectivement la sécurité de l’Arctique face aux ambitions russes et chinoises, en révisant l’accord de défense historique liant le Danemark et les États-Unis. Copenhague a toutefois réaffirmé avec fermeté qu’il n’était pas question de céder la moindre parcelle de sa souveraineté sur le territoire groenlandais.
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