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L’affaire Deranque place la classe politique face à ses responsabilités

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_**Le chef de l’État a exhorté les formations radicales à assumer leurs dérives internes, alors que l’enquête sur la mort du jeune homme progresse et que les tensions politiques s’exacerbent.**_

Les premières mises en examen dans le dossier de la mort de Quentin Deranque doivent intervenir ce jeudi. Le parquet de Lyon a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour homicide volontaire à l’encontre de onze individus, dont les profils sont liés à des mouvances d’ultragauche. En marge d’un déplacement à l’étranger, le président de la République a lancé un appel à la modération, tout en sommant les forces politiques extrêmes de procéder à un examen approfondi de leurs propres rangs.

La famille du défunt, par la voix de son avocat, a pour sa part plaidé pour l’apaisement et condamné toute instrumentalisation de ce drame. Elle a également fait savoir qu’elle ne participerait pas à la marche prévue samedi à Lyon en hommage à leur fils, une manifestation dont l’autorisation est toujours en cours d’examen par la préfecture du Rhône. Les services de l’État évaluent les risques sécurités, notamment au regard des appels multiples et parfois contradictoires lancés sur les réseaux sociaux par divers groupes radicaux, en France comme à l’étranger.

L’enquête judiciaire se concentre sur les circonstances de l’altercation survenue le 12 février aux abords d’un établissement universitaire lyonnais. Quentin Deranque, qui assurait la sécurité d’un collectif identitaire protestant contre une conférence, avait été violemment agressé par des individus cagoulés. Il est décédé trois jours plus tard des suites de ses blessures. Parmi les personnes interpellées figurent deux collaborateurs parlementaires et un ancien stagiaire du député La France insoumise Raphaël Arnault, fondateur d’un groupe dissous l’an dernier pour des faits de violence.

Cette proximité a placé le parti de gauche radicale sous le feu des critiques. La droite et l’extrême droite lui imputent une forme de responsabilité morale, accusant sa rhétorique et ses liens supposés avec certaines franges militantes d’avoir créé un climat propice aux passages à l’acte. Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a fermement rejeté ces accusations, refusant toute sanction à l’encontre du député concerné, au motif que ce dernier ne saurait être tenu pour responsable des agissements individuels de ses employés.

La pression institutionnelle s’est pourtant accentuée. Le ministre de la Justice a invité l’élu à « tirer les conséquences » si l’enquête venait à établir des éléments probants. Le président du Rassemblement national a, quant à lui, appelé à la constitution d’un « front commun » politique pour isoler La France insoumise, évoquant explicitement les prochaines échéances électorales. À l’Assemblée nationale, la présidente a pris des mesures conservatoires en suspendant les accès parlementaires des collaborateurs mis en cause.

Dans ce contexte particulièrement tendu, les déclarations des principaux acteurs cherchent à désamorcer toute escalade. Le chef de l’État a insisté sur le fait qu’il n’y avait « pas de place dans la République pour les mouvements qui légitiment la violence », un message adressé sans distinction aux extrêmes du spectre politique. L’objectif affiché par les autorités reste d’empêcher que le traitement judiciaire de ce fait divers ne se transforme en une crise politique aux conséquences imprévisibles.

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