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La Turquie interdit aux exilés iraniens de manifester leur soutien

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À Istanbul, les forces de l’ordre ont empêché un rassemblement de solidarité avec le mouvement de contestation en Iran, reflétant la prudence diplomatique d’Ankara.

Sous une pluie froide, dimanche, une vingtaine de personnes ont tenté en vain de se rassembler devant le consulat d’Iran. Les forces de police, déployées en nombre, ont rapidement cerné le périmètre et dispersé les protestataires. Parmi eux, une jeune femme, prénommée Nina pour préserver son anonymat, avait peint sur son visage les couleurs du drapeau iranien et tracé une carte du pays striée de larmes rouges. Exilée depuis quatre ans, elle souhaitait exprimer son inquiétude face au silence qui règne depuis plusieurs jours sur son pays d’origine, où les communications sont coupées.

La décision des autorités turques d’interdire cette manifestation a surpris et déçu plusieurs participants. Amir Hossein, un artiste naturalisé turc après vingt ans d’exil, a déploré cette entrave au droit de rassemblement, soulignant que la mobilisation visait uniquement à faire entendre une voix de soutien. La Turquie, qui partage une longue frontière avec l’Iran et héberge des dizaines de milliers de ressortissants iraniens, semble vouloir éviter tout incident diplomatique. Cette posture a été confirmée par des déclarations ministérielles évoquant des risques d’ingérence étrangère dans les affaires intérieures iraniennes.

Le rassemblement a également mis en lumière les divisions au sein de la diaspora. Si tous les participants s’accordent à rejeter le pouvoir en place à Téhéran, les visions pour l’avenir divergent. L’apparition du drapeau de l’ancienne monarchie a provoqué des tensions, certains y voyant un symbole honteux. Pour Mehdi, un ingénieur présent sur place, l’objectif doit être l’avènement d’une république démocratique et non le retour d’un système royal. Ces dissensions illustrent les défis auxquels fait face l’opposition iranienne en exil.

Malgré l’interdiction et les divergences, un sentiment d’espoir ténu persistait parmi les protestataires. Nina, les yeux embués, a confié son épuisement face à la situation dans son pays, mais aussi sa conviction qu’un changement est inéluctable. Elle a lancé un appel aux autorités turques, les enjoignant de soutenir le peuple iranien dans sa quête d’autodétermination. L’épisode stambouliote révèle ainsi la complexité pour les pays d’accueil de gérer l’expression politique des communautés exilées, surtout lorsque des relations diplomatiques sensibles sont en jeu.

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