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La terre assoiffée de Mésopotamie

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Le sud irakien affronte une salinisation dramatique de ses eaux, contraignant les communautés agricoles à une lutte quotidienne pour leur survie.

Dans les marais d’Al-Mashab, au cœur de la province de Bassora, l’eau douce se fait rare. Les agriculteurs constatent avec amertume la dégradation rapide de leur environnement. Une mère de famille témoigne avoir perdu des dizaines de volailles, incapables de supporter une eau devenue trop salée pour être consommée. Cette situation affecte non seulement les cultures et l’élevage, mais aussi la vie quotidienne des habitants, privés de leur principale ressource hydrique.

Les mesures officielles confirment une aggravation sans précédent du phénomène. Les relevés effectués dans la région indiquent une concentration saline dépassant largement les seuils tolérables pour l’agriculture et la consommation humaine. Un responsable ministérirel souligne que de tels niveaux n’avaient jamais été enregistrés depuis près d’un siècle. La comparaison avec l’eau de mer montre à quel point la situation est critique.

Les experts pointent la baisse historique du débit de l’Euphrate, qui a atteint son niveau le plus bas depuis des décennies. Cette raréfaction de l’eau douce permet aux eaux salées du Golfe de remonter le Chatt al-Arab, principal exutoire du Tigre et de l’Euphrate. Les systèmes agricoles traditionnels, hérités du Croissant fertile, se retrouvent ainsi menacés.

Face à cette crise, de nombreuses familles hésitent entre l’exil et la résignation. Certaines ont déjà quitté leurs terres, rejoignant les dizaines de milliers de personnes déplacées pour des raisons climatiques. D’autres, comme une sexagénaire attachée à ses grenadiers, espèrent encore une amélioration, bien que les perspectives restent incertaines.

Les autorités locales imputent en partie cette situation à la diminution des apports en eau en provenance des pays voisins, ainsi qu’à l’état défaillant des infrastructures hydrauliques. Un projet de dessalement d’ampleur a été annoncé, visant à fournir quotidiennement un million de mètres cubes d’eau à Bassora. En attendant, les pêcheurs de la région voient leurs prises diminuer, et les tensions sociales s’accentuent au sein des foyers confrontés à la précarité.

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