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La révolte silencieuse des forces de l’ordre argentines

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_**À Rosario, troisième ville du pays, des policiers ont paralysé leurs propres services pendant trois jours, obtenant finalement des engagements sur leurs rémunérations et leurs conditions de travail, dans un contexte de profonde détresse au sein du corps.**_

Un cortège inhabituel de véhicules de police immobilisés, leurs gyrophares allumés en permanence, a bloqué les abords du siège de la police provinciale de Santa Fe. Pendant plusieurs jours, une centaine d’agents, appuyés par leurs familles, ont observé un mouvement de protestation pour réclamer une amélioration de leur situation matérielle et psychologique. L’action, marquée par des braseros et un vacarme assourdissant, a pris fin après l’annonce par le gouvernement provincial d’une revalorisation substantielle des traitements.

Les manifestants brandissaient des banderoles évoquant la nécessité de salaires décents pour préserver la santé mentale. La présence d’une croix portant les noms d’une vingtaine de collègues disparus par suicide a souligné l’acuité de la crise. Le décès récent d’un sous-officier est apparu comme l’élément déclencheur de cette mobilisation, cristallisant un malaise latent. Des anciens de l’institution, présents sur place, ont décrit des conditions de travail éprouvantes, une pression institutionnelle forte et la nécessité de cumuler les heures supplémentaires pour assurer le quotidien de leurs proches.

Les négociations, menées jusqu’à une heure avancée, ont abouti à la promesse qu’aucun fonctionnaire de la police ou de l’administration pénitentiaire ne percevrait désormais moins d’un montant plancher, fixé à l’équivalent de près de 800 euros. Cet engagement a été salué par les agents, qui ont immédiatement levé leur mouvement. La décision de réintégrer vingt policiers suspendus à la suite d’incidents survenus en début de semaine a également contribué à apaiser les tensions.

Au-delà des questions purement salariales, les revendications portaient sur un accompagnement psychologique renforcé et sur la révision des affectations géographiques, certains agents effectuant des trajets quotidiens considérables. Cette mobilisation intervient dans une métropole portuaire où les enjeux de sécurité sont particulièrement sensibles, le taux de criminalité violente y restant supérieur à la moyenne nationale malgré une nette amélioration récente.

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