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Politique

La République honore Alfred Dreyfus en lui conférant le grade de général de brigade

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Un siècle après sa réhabilitation, la France parachève symboliquement la réparation due à l’officier injustement condamné lors de l’affaire qui porta son nom.

Le Parlement a définitivement adopté jeudi une loi accordant à titre posthume le grade de général de brigade à Alfred Dreyfus. Ce texte, d’une portée hautement symbolique, vise à corriger une injustice persistante malgré la réhabilitation de l’officier en 1906. La proposition, initialement déposée par l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, a recueilli l’unanimité des suffrages au Sénat après un vote identique à l’Assemblée nationale en juin.

Cette décision législative comble une lacune historique. Bien que réintégré dans l’armée après l’annulation de sa condamnation pour trahison, Alfred Dreyfus n’avait jamais bénéficié de l’avancement que ses années de service auraient dû lui valoir. Son petit-fils Michel Dreyfus évoquait récemment cette « double peine » subie par l’officier, qui continua pourtant de servir sa patrie durant la Première Guerre mondiale.

Le ministre délégué auprès des Armées a salué un geste qui « rend à Dreyfus ce qui lui fut inaccessible de son vivant ». Gabriel Attal a pour sa part qualifié cette élévation de « geste de réparation et de reconnaissance », affirmant que « la République n’oublie pas » ceux qui l’ont servie avec honneur.

Si le texte a recueli un large consensus, certaines voix s’étaient élevées pour questionner son opportunité. Des élus du centre et de la droite avaient exprimé leurs réserves, craignant une instrumentalisation politique du souvenir de l’affaire Dreyfus. Le président LR de la commission des Forces armées s’était notamment dit « profondément gêné » par l’utilisation de ce texte à des fins de communication politique.

Le rapporteur socialiste du texte a rétorqué que le Parlement corrigeait ainsi « une erreur manifeste » commise par lui-même en 1906. Pour la famille Dreyfus, cette décision représente la reconnaissance du soldat et du héros, au-delà de la figure de victime. Ses descendants espèrent désormais une prochaine étape, celle du transfert des cendres d’Alfred Dreyfus au Panthéon, comme ultime hommage national.

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