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La question du genre s’invite dans les négociations climatiques à la COP30

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Les discussions sur les politiques climatiques butent sur des divergences fondamentales concernant la reconnaissance des identités de genre, créant un blocage inattendu dans les pourparlers.

Alors que les débats sur la transition énergétique dominent habituellement les conférences climatiques, un sujet connexe vient complexifier les négociations à Belém. La mise en œuvre d’un plan d’action intégrant les dimensions de genre dans la lutte contre le changement climatique se heurte à des conceptions divergentes parmi les États participants. Plusieurs pays, parmi lesquels le Paraguay, l’Argentine, l’Iran et le Vatican, contestent la reconnaissance des personnes transgenres et non binaires en proposant des définitions alternatives dans des annotations.

Cette approche suscite des inquiétudes parmi les négociateurs, qui y voient un précédent susceptible de fragiliser le processus multilatéral. La multiplication des notes en bas de page pourrait, selon certains observateurs, ouvrir la voie à des interprétations divergentes sur d’autres sujets fondamentaux. Le Saint-Siège défend ainsi une conception fondée sur « l’identité sexuelle biologique », position partagée par d’autres nations conservatrices.

L’Argentine, sous l’administration de Javier Milei, a opéré un revirement notable dans son approche des questions d’égalité, rejoignant ainsi le camp des sceptiques. Des sources diplomatiques évoquent une situation devenue « absurde » avec la prolifération de réserves qui compromettent l’efficacité des discussions. La secrétaire mexicaine à l’Environnement a exprimé son désaccord fondamental avec ces manœuvres, déplorant un « recul » inacceptable selon elle.

Face à cette impasse, la présidence brésilienne a décidé de porter la question au niveau ministériel, confiant aux représentants politiques la recherche d’un compromis. Des experts soulignent le risque de fragmentation du processus décisionnel si chaque pays modifie unilatéralement la définition des concepts clés. L’égalité des genres, rappellent-ils, constitue un principe établi qui ne devrait pas faire l’objet de redéfinitions successives.

Les statistiques officielles confirment pourtant l’urgence d’une approche inclusive. Les femmes subissent de manière disproportionnée les conséquences des dérèglements climatiques, particulièrement dans les régions les plus vulnérables où elles assument des responsabilités essentielles comme l’approvisionnement en eau ou la sécurité alimentaire. Leur représentation dans les instances décisionnelles reste par ailleurs insuffisante, avec seulement 35% de déléguées présentes à cette conférence.

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