Monde
La psychose s’installe à Guayaquil, épicentre de la violence équatorienne
Le maire de la ville la plus dangereuse du pays décrit une population vivant dans la crainte permanente, entre attentats réels et alertes explosives imaginaires.
La métropole portuaire de Guayaquil connaît une montée d’angoisse collective après l’explosion d’un véhicule piégé dans un secteur commercial et la multiplication de bagages abandonnés dans l’espace public. Le premier magistrat de la ville, Aquiles Alvarez, évoque un climat de psychose dans un entretien exclusif. Cette cité de 2,8 millions d’habitants enregistre le plus fort taux d’homicides du pays, lui-même devenu l’une des nations les plus violentes d’Amérique latine.
Le maire exerce ses fonctions avec un bracelet électronique à la cheville depuis l’ouverture d’une enquête judiciaire pour trafic présumé de carburant. Défendant son innocence, il dénonce une persécution politique orchestrée par le président Daniel Noboa. L’édile attribue par ailleurs à l’exécutif national une responsabilité majeure dans la dégradation sécuritaire qui frappe sa circonscription.
Les chiffres témoignent de l’ampleur du phénomène criminel. Entre janvier et septembre, près de deux mille personnes ont perdu la vie dans cette capitale économique équatorienne. Plus de trois mille plaintes pour extorsion ont été déposées durant les sept premiers mois de l’année. La semaine dernière, sept fausses alertes à la bombe ont été recensées, créant un sentiment permanent d’insécurité.
Cette atmosphère de peur fait suite à une série d’attentats attribués par les autorités à des représailles des groupes criminels contre l’offensive militaire gouvernementale. Mi-octobre, l’explosion d’une voiture piégée devant le plus important centre commercial de la ville a causé un mort et vingt-six blessés.
La géographie urbaine reflète les profondes disparités sociales. Les quartiers défavorisés subissent la loi du crime organisé où narcotrafiquants implantent zones de surveillance, écoles de tueurs et entrepôts pour drogues et armes. Les secteurs aisés bénéficient quant à eux de systèmes de protection privée.
Face à cette situation, le président Noboa prône une réponse militaire avec déploiement de forces armées dans les rues. Le maire Alvarez défend au contraire une approche fondée sur des politiques publiques de prévention plutôt que sur le renforcement des moyens répressifs.
L’édile, qui a vécu aux États-Unis où il travailla comme livreur de pizzas avant de devenir missionnaire et dirigeant du club de football Barcelona, dirige la municipalité sous la bannière de l’ancien président socialiste Rafael Correa. Tout en prenant ses distances avec le courant corréiste, il salue la politique de ce dernier qui avait interdit les bases militaires étrangères, un dispositif que l’actuel gouvernement souhaite réinstaurer. Toute aide internationale serait la bienvenue, estime le maire, à condition qu’elle ne remette pas en cause la souveraineté nationale.
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