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La pistache d’Égine, un trésor gastronomique menacé de disparition

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Sur l’île grecque réputée pour ses fruits secs d’exception, les producteurs font face à une conjugaison de défis climatiques et socio-économiques qui met en péril la survie même de cette culture ancestrale.

Des ouvriers agricoles s’affairent dans les vergers en frappant délicatement les branches des pistachiers pour en faire tomber les précieux fruits. La scène, ancestrale, masque une réalité préoccupante. Les récoltes connaissent un déclin marqué, victimes de hivers anormalement doux qui perturbent le cycle naturel des arbres. Ces derniers nécessitent en effet une période de froid suffisante pour leur repos hivernal, condition indispensable à une production abondante.

Au-delà des aléas climatiques, la filière doit composer avec une transformation profonde des modèles économiques locaux. La pression foncière exercée par le tourisme incite certains propriétaires à arracher les arbres pour construire des résidences locatives, plus rentables à court terme. Parallèlement, le renouvellement des générations pose un défi crucial. Les jeunes insulaires se détournent de plus en plus de cette activité exigeante, préférant des carrières dans les services ou le tourisme.

La production éginète, bien que modeste à l’échelle mondiale, bénéficie d’une renommée qualitative exceptionnelle. La spécificité des sols et la légère salinité des eaux d’irrigation confèrent à ces pistaches une saveur unique, reconnue dans toute la Grèce. Cette singularité pourrait pourtant ne pas suffire à enrayer la tendance. Les surfaces cultivées diminuent d’année en année, tout comme le nombre d’arbres en âge de produire.

Certains agriculteurs tentent de moderniser les pratiques, encourageant l’adoption de techniques innovantes pour s’adapter aux nouvelles contraintes. Mais ces efforts individuels peinent à inverser une dynamique globale défavorable. La transmission des savoir-faire et la pérennité des exploitations familiales constituent désormais un enjeu critique pour la survie de cette tradition agricole.

Sans mesures de préservation ambitieuses, cette culture emblématique risque de se marginaliser progressivement, puis de disparaître du paysage insulaire. Les pistachiers d’Égine, témoins silencieux d’un patrimoine agricole séculaire, pourraient n’être bientôt plus qu’un souvenir dans la mémoire collective.

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