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La parole trumpienne sur l’autisme suscite l’indignation des concernés

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Les propos de l’ancien président américain et de son ministre de la Santé sur les troubles du spectre autistique provoquent un vif mécontentement au sein de cette communauté, qui dénonce une stigmatisation aux conséquences préoccupantes.

William Barnett avait initialement créé sa chaîne YouTube pour partager ses compositions musicales. Aujourd’hui, ce compositeur de 29 ans, lui-même autiste, utilise désormais cette plateforme pour répondre aux déclarations de Donald Trump et de son secrétaire d’État à la Santé Robert Kennedy Jr. Selon lui, leurs affirmations contribuent à renforcer un sentiment d’exclusion chez les personnes neuroatypiques. Depuis son appartement du Queens, il s’interroge sur la considération que leur portent les responsables politiques.

L’ancien président et son ministre, connus pour leurs positions antivaccins, ont qualifié l’autisme de « crise sanitaire », suggérant un lien avec la vaccination ou la prise de paracétamol, en contradiction avec les consensus scientifiques établis. Pour M. Barnett, ces allégations alimentent inutilement les craintes parentales et pérennisent une stigmatisation sociale dommageable.

Le trouble du spectre autistique représente une variation neurodéveloppementale aux manifestations diverses, affectant notamment la communication et les interactions sociales. Les experts s’accordent sur une origine multifactorielle, combinant des éléments génétiques et environnementaux. L’augmentation des diagnostics constatée ces dernières décennies s’explique principalement par le perfectionnement des méthodes de dépistage.

Diagnostiqué dans sa petite enfance, William Barnett évoque les questionnements qui ont jalonné son adolescence quant à une existence neurotypique. Aujourd’hui diplômé et vivant de sa passion, il considère désormais sa neurodivergence comme un atout, particulièrement au sein d’Autistic Adults NYC, cette association new-yorkaise qu’il décrit comme sa « deuxième famille ».

Lors d’une récente marche pour les droits des personnes handicapées, les participants exprimaient leur frustration face au discours officiel. Sebastian Bonvissuto, 26 ans, déplore un traitement qui nie leur place dans la société. Maryum Gardner, du même âge, estime pour sa part que ces positions présentent un caractère dangereux, rappelant que toute personne mérite un traitement respectueux de sa dignité.

Les personnes rencontrées soulignent que des mesures concrètes, notamment un financement accru des services d’accompagnement, seraient plus utiles que des déclarations polémiques. William Barnett met en garde contre une vision trop uniformisante de l’autisme, dont les manifestations varient considérablement d’un individu à l’autre. Si certains requièrent un soutien permanent, d’autres mènent une existence autonome.

Le compositeur précise que ses difficultés vont au-delà des apparences, tout en reconnaissant sa chance d’avoir bénéficié de thérapies adaptées. Une experte en psychiatrie de l’Université de Californie à Los Angeles observe que la rhétorique actuelle, centrée sur l’idée de guérison, représente selon elle un retour en arrière. Elle rappelle que l’autisme constitue une variation naturelle du neurodéveloppement qui s’inscrit dans la diversité humaine, et non une pathologie à éradiquer.

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