Économie
La mobilisation agricole entre trêve hivernale et promesse de reprise

Après deux semaines de blocages dans le Sud-Ouest, les principaux barrages autoroutiers sont démantelés. Les syndicalistes annoncent cependant une pause temporaire, avant une reprise des actions dès le début de l’année, insatisfaits des réponses gouvernementales.
Les principaux axes de circulation du Sud-Ouest retrouvent progressivement une fluidité. Vendredi, les agriculteurs de la Coordination rurale ont procédé au démontage de plusieurs barrages, notamment sur l’A63 au sud de Bordeaux et sur l’A64 près de Bayonne et Pau. Cette levée, intervenue après des rencontres avec les préfets, marque la fin d’une séquence de protestation initiée mi-décembre. Les manifestants dénoncent principalement la gestion par les autorités de la dermatose nodulaire contagieuse, une épizootie affectant les bovins.
Le point de départ de cette colère remonte à l’abattage, début décembre, d’un troupeau entier dans l’Ariège où un premier foyer avait été identifié. L’intervention des forces de l’ordre pour procéder à ces euthanasies a été vécue comme un traumatisme par la profession, déclenchant une vague de blocages. Malgré des discussions à Matignon et à l’Élysée ces derniers jours, le ministère de l’Agriculture maintient sa position, estimant que le protocole sanitaire en vigueur ne peut être modifié.
Les responsables syndicaux déplorent un dialogue au point mort. Ils affirment que leurs revendications, notamment la fin de l’abattage systématique des troupeaux touchés, restent sans réponse concrète. Si les barrages sont levés, c’est en raison de la fatigue des exploitants, contraints de retourner à leurs fermes, et de l’approche des fêtes. La stratégie est désormais de préparer une mobilisation renforcée à partir du 5 janvier.
Certaines avancées sont toutefois reconnues par les protestataires, comme l’amélioration des indemnisations ou la mise en place d’une banque de génisses. Pour autant, la détermination reste intacte. Des actions de plus grande ampleur sont évoquées, dont une possible convergence vers la capitale avec un cortège de tracteurs. Les griefs dépassent la seule question sanitaire et incluent les contraintes réglementaires ou les négociations commerciales internationales, perçues comme des menaces pour l’agriculture française.
Alors que les derniers points de blocage actifs se concentrent désormais en Occitanie, notamment près de Toulouse, la reprise de la circulation sur les autoroutes débloquées s’effectue de manière progressive. Les préfectures concernées anticipent un retour à la normale dans le courant du week-end. Cette accalmie sur les routes semble donc n’être qu’une parenthèse, les organisations agricoles promettant de revenir en force dès la rentrée de janvier pour maintenir la pression sur le gouvernement.

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