Une erreur de communication met en lumière des plans stratégiques sensibles, déclenchant une tempête politique à Washington.
L’administration Trump a adopté une stratégie offensive pour contrer les critiques après la divulgation accidentelle de documents militaires confidentiels à un journaliste. Le président a minimisé l’incident lors d’un échange avec NBC, le qualifiant de « simple incident sans conséquences » et soulignant que son équipe en avait tiré les enseignements.
Les services de communication de l’exécutif ont rapidement contre-attaqué, accusant l’opposition d’exploiter cette erreur pour obscurcir les récents succès militaires américains au Yémen. Le porte-parole Steven Cheung a fustigé sur les réseaux sociaux ce qu’il a décrit comme une manipulation médiatique destinée à nuire à la crédibilité du gouvernement.
Lors d’une audition au Sénat, la directrice du Renseignement national, Tulsi Gabbard, a nié que des informations classifiées aient été compromises, sans toutefois confirmer sa participation au groupe de discussion Signal à l’origine de la fuite. Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a reconnu son implication dans ces échanges mais a défendu leur légalité, soulignant que la messagerie était utilisée de manière sécurisée par les plus hauts responsables.
Les démocrates, en revanche, ont saisi l’occasion pour dénoncer une gestion « négligente et incompétente » des affaires sécuritaires. Le sénateur Mark Warner a mené la charge, tandis que le journaliste concerné, Jeffrey Goldberg, a assuré avoir protégé les informations sensibles dans son article par souci de sécurité nationale.
Les tensions se sont encore accentuées lorsque le ministre de la Défense, Pete Hegseth, a attaqué la crédibilité du journaliste, relançant les polémiques sur son propre parcours controversé. La porte-parole Karoline Leavitt a enfoncé le clou en dénonçant une approche sensationnaliste de la part du média impliqué.
L’incident a également donné lieu à des réactions ironiques, comme celle du fondateur de Signal, qui a plaisanté sur les risques d’être ajouté par mégarde à une conversation stratégique par le vice-président américain.
Cette affaire, survenue dans un contexte politique déjà tendu, illustre les défis de communication et de sécurité auxquels fait face l’administration en place.