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La justice brésilienne face aux commanditaires présumés de l’assassinat de Marielle Franco

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_**Huit ans après les faits, le parquet a requis la condamnation de deux anciens élus, accusés d’avoir orchestré le meurtre de la conseillère municipale de Rio, figure emblématique des luttes sociales.**_

Le ministère public brésilien a formellement demandé la condamnation de deux responsables politiques, jugés pour avoir commandité l’assassinat de Marielle Franco. L’ouverture de ce procès devant la Cour suprême marque une étape décisive dans une affaire qui a durablement marqué la société brésilienne. La conseillère municipale de Rio de Janeiro, militante reconnue pour son engagement en faveur des populations noires, des femmes et des personnes LGBT+, avait été abattue de plusieurs balles dans son véhicule en mars 2018.

Les frères Chiquinho et Domingos Brazao, respectivement ancien député fédéral et ancien élu régional, sont soupçonnés d’être les auteurs intellectuels de ce crime. Devant les magistrats, le représentant du parquet a estimé que les éléments à charge ne laissaient planer aucun doute sur leur responsabilité pénale. Selon l’accusation, Marielle Franco constituait un obstacle à leurs projets, notamment en s’opposant à des opérations d’urbanisation contestées dans des quartiers populaires. Les deux hommes, qui ont toujours rejeté ces accusations, risquent plusieurs décennies d’emprisonnement en cas de culpabilité.

Cette audience intervient après la condamnation, l’an dernier, des exécutants matériels du meurtre. Le procès des commanditaires présumés se tient à la plus haute instance judiciaire du pays en raison de l’immunité parlementaire dont bénéficiait l’un des accusés au moment des poursuites. Plusieurs observateurs nationaux et internationaux suivent de près les débats, y voyant un test pour l’État de droit face à des réseaux criminels influents.

La veuve de la victime a exprimé son attente d’une décision de justice qui mettrait fin à l’impunité. Elle a dénoncé la persistance d’un « écosystème criminel » souvent lié aux milices, ces groupes paramilitaires qui sévissent à Rio. Trois autres prévenus, dont un ancien haut fonctionnaire de police, sont également jugés pour leur implication présumée dans cette affaire ou pour avoir entravé l’enquête.

Les débats ont notamment porté sur la validité des accords de collaboration conclus avec certains témoins, dont l’un des tireurs. La défense des frères Brazao a contesté la crédibilité de ces déclarations, les qualifiant de récit fabriqué. Le premier magistrat à se prononcer sera le juge rapporteur de la Cour suprême, dont la décision est attendue avec une particulière attention.

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