Monde
La jeunesse norvégienne plébiscite le populisme libéral
Le Parti du progrès réalise une percée historique grâce au vote des jeunes hommes, séduits par un discours anti-fiscal et anti-immigration. Cette poussée conservatrice redessine le paysage politique national.
Le scrutin législatif norvégien a consacré l’émergence d’une force politique traditionnellement minoritaire comme principale formation d’opposition. Le Parti du progrès (FrP) a enregistré son meilleur score historique avec près d’un quart des suffrages, devenant ainsi la deuxième formation politique du pays. Cette performance s’appuie notamment sur un ralliement massif des électeurs masculins de moins de trente ans, phénomène qui s’observe dans plusieurs démocraties européennes.
L’analyse des résultats électoraux révèle une adhésion particulièrement forte parmi la jeune génération, séduite par un programme axé sur la réduction de la pression fiscale et le renforcement des politiques sécuritaires. Les thèmes de la maîtrise migratoire et de la simplification administrative ont également trouvé un écho favorable dans cette frange de l’électorat. La campagne digitale menée par les jeunes militants du parti sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, a contribué à cette dynamique.
Le discours économique du FrP prône une libéralisation accrue du système norvégien, avec notamment l’abolition de l’impôt sur la fortune qui, selon ses dirigeants, incite les entrepreneurs à s’expatrier. Le parti défend également une vision restrictive de l’immigration et plaide pour un désengagement progressif de l’État-providence. Pour de nombreux jeunes électeurs interrogés, ces propositions correspondent à une aspiration à une plus grande autonomie individuelle et à une défiance envers les structures traditionnelles.
Bien que classé à droite de l’échiquier politique, le Parti du progrès se distingue des mouvements populistes radicaux d’autres pays européens par son intégration dans le jeu institutionnel norvégien. La formation a déjà participé à des coalitions gouvernementales par le passé et évite soigneusement les positions extrémistes. Son leader actuel présente le mouvement comme un parti libéral classique, favorable à la réduction des prélèvements obligatoires et à un État moins interventionniste.
Cette montée en puissance pourrait modifier les équilibres politiques traditionnels en Norvège, pays réputé pour sa culture du consensus. Les observateurs notent un éloignement croissant entre les formations politiques majeures, susceptible d’introduire une nouvelle forme de polarisation dans le débat public. Le paysage politique norvégien semble entrer dans une phase de recomposition durable, où les clivages générationnels et socio-économiques prennent une importance accrue.
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