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La frontière afghano-pakistanaise, verrouillée par les tensions

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Près de trois mois après la fermeture des postes-frontières, des centaines de Pakistanais, étudiants et commerçants, se retrouvent piégés en territoire afghan. Leur quotidien est marqué par l’isolement et les difficultés matérielles, dans l’attente d’une réouverture qui tarde à venir.

La fermeture des principaux points de passage terrestres entre l’Afghanistan et le Pakistan, intervenue il y a près de trois mois, a créé une situation de blocage pour des milliers d’individus. De nombreux Pakistanais, venus pour des études, des affaires ou des visites familiales, se voient désormais dans l’impossibilité de regagner leur pays. Cette mesure, prise dans un contexte de fortes tensions diplomatiques et sécuritaires entre les deux voisins, paralyse les échanges et disloque les communautés frontalières.

Parmi les personnes affectées, des centaines d’étudiants pakistanais inscrits dans des universités afghanes, notamment en médecine, sont coupés de leurs familles et confrontés à des problèmes financiers croissants. Leurs homologues afghans étudiant au Pakistan se trouvent dans une situation symétrique. Les autorités pakistanaises évoquent plusieurs centaines de demandes d’assistance déposées auprès de leur ambassade à Kaboul, avec seulement un nombre limité de rapatriements effectués à ce jour.

La vie économique est également à l’arrêt. Des commerçants et transporteurs voient leurs activités suspendues, leurs véhicules immobilisés. Pour certains, des déplacements prévus pour quelques jours se transforment en séjour forcé de plusieurs mois, avec la charge de devoir s’appuyer sur l’hospitalité de proches. Les solutions alternatives, comme un retour par avion, restent financièrement inaccessibles pour la majorité.

Cette frontière, héritage de la ligne Durand tracée à l’époque coloniale, scinde des populations pachtounes aux liens historiques et familiaux étroits. Sa fermeture prolongée rompt ces connexions quotidiennes et aggrave une situation humanitaire déjà complexe, alors que des centaines de milliers de réfugiés afghans continuent d’être renvoyés par Islamabad vers un pays en crise.

Les appels à la réouverture se multiplient donc, portés par ceux dont l’existence et les moyens de subsistance dépendent directement de la libre circulation. Ils pressent les gouvernements des deux pays de trouver une issue à l’impasse actuelle, arguant que la reprise des écoles et du commerce serait bénéfique pour les populations des deux côtés de la frontière.

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