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La France envisage un déploiement militaire en Ukraine après un accord de paix

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Le président de la République a exposé aux responsables politiques les contours d’une future force multinationale, un projet qui suscite des interrogations quant à la fiabilité du soutien américain annoncé.

Emmanuel Macron a détaillé jeudi devant les principaux dirigeants politiques français le projet d’envoi de plusieurs milliers de militaires français en Ukraine, dans le cadre d’une force internationale qui serait déployée après la conclusion d’un éventuel accord de paix avec la Russie. Cette présentation, tenue dans le cadre d’une réunion à huis clos à l’Élysée, a donné lieu à des échanges nourris, marqués par une méfiance affichée de plusieurs formations à l’égard des engagements pris par l’administration américaine.

La cheffe de file des écologistes, Marine Tondelier, a fait part de ses réserves en pointant la « versatilité » des déclarations de l’ancien président américain Donald Trump, dont des émissaires ont assuré un soutien à cette force lors d’un récent sommet à Paris. Elle a appelé à ne pas faire preuve de « naïveté » quant à la pérennité de ces assurances. La présidente du groupe parlementaire La France insoumise, Mathilde Panot, a pour sa part exprimé un désaccord de principe sur le déploiement de soldats français dans ce contexte, réclamant un mandat préalable des Nations unies.

Les discussions ont porté sur des effectifs substantiels, évoquant le déploiement potentiel de deux brigades, comprenant un contingent français d’environ six mille hommes. Ces chiffres, bien que non officiellement confirmés par l’exécutif qui avait demandé la confidentialité, ont été reconnus comme correspondant à un ordre de grandeur plausible. Le président de la commission des affaires étrangères du Sénat, Cédric Perrin, a indiqué que le chef de l’État était entré dans le détail opérationnel du dispositif, évoquant son commandement et les matériels prévus.

Les critiques se sont concentrées sur la crédibilité du partenaire américain. Mathilde Panot a estimé qu’aucune confiance ne pouvait être accordée à Donald Trump, en raison notamment de ses récentes déclarations concernant l’Amérique latine. Le Parti communiste français a, dans un communiqué, associé sa défiance envers les présidents Trump et Poutine, voyant dans ce projet une « marche de plus vers l’escalade ».

Un débat parlementaire sur ce sujet doit se tenir dans les prochaines semaines, conformément à l’engagement pris par l’exécutif d’associer les assemblées à la réflexion. La plupart des responsables politiques, dont les dirigeants du Rassemblement national et des Républicains, sont sortis de la réunion sans commentaire. Cette consultation intervient deux jours après que les pays de la « coalition des volontaires » se sont engagés à Paris à constituer une telle force post-accord, une initiative immédiatement rejetée par Moscou, qui a averti que toute présence occidentale serait considérée comme une cible légitime.

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