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La fourmi électrique, une menace silencieuse pour la biodiversité française
Importée accidentellement, cette espèce invasive prolifère dans le Var. Son éradication, jugée urgente par les scientifiques, se heurte à des contraintes financières et réglementaires.
D’une taille inférieure à deux millimètres, la fourmi électrique représente un danger disproportionné pour les écosystèmes. Identifiée pour la première fois en France continentale en 2022, cette espèce originaire d’Amérique du Sud a établi deux foyers distincts dans le département du Var. Sa progression inquiète les experts, qui pointent les difficultés à mettre en œuvre une réponse coordonnée et suffisamment financée.
Les nuisances causées par cet insecte sont multiples. Ses piqûres, particulièrement douloureuses, peuvent provoquer des réactions allergiques sévères chez l’homme et causer des lésions oculaires chez les animaux domestiques. Son impact écologique est encore plus préoccupant. En décimant les populations d’insectes locaux, y compris d’autres espèces de fourmis, et en s’attaquant aux couvées d’oiseaux, elle déséquilibre profondément les chaînes alimentaires. Les autorités environnementales redoutent une altération durable des milieux naturels si sa dispersion n’est pas contenue.
La lutte contre cette invasion se révèle complexe. Les produits insecticides conventionnels, conçus pour des fourmis attirées par le sucre, s’avèrent inefficaces. Les chercheurs ont donc recours à un appât spécifique, nécessitant une autorisation dérogatoire pour son utilisation. La méthode la plus prometteuse, un saupoudrage direct, requiert quant à elle de nouvelles autorisations administratives. Le temps presse, car le traitement doit intervenir dès la fin de la période d’hivernation de l’insecte.
Le principal obstacle reste budgétaire. L’éradication complète d’un foyer est estimée à plusieurs années de travail et nécessite des moyens conséquents. Si des fonds publics ont été partiellement débloqués, notamment pour le site de Toulon, les scientifiques jugent les financements insuffisants et trop fragmentés. La situation est critique pour le second foyer, situé à La Croix-Valmer, dont la superficie est plus étendue et la localisation, en lisière forestière, favorise une propagation rapide.
Les spécialistes insistent sur la nécessité d’une action immédiate et d’ampleur. Sans une intervention rapide et coordonnée sur les deux fronts, les coûts économiques et écologiques futurs pourraient devenir considérables. La communauté scientifique appelle à une mobilisation accrue des pouvoirs publics pour endiguer cette menace avant qu’elle ne s’étende à d’autres territoires.
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