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La fièvre des pin’s olympiques s’empare de Milan

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Alors que les Jeux d’hiver de 2026 approchent, une passion discrète mais fervente anime les rues de la capitale lombarde. Loin des stades, la quête quotidienne d’épingles collector crée une communauté singulière.

Chaque matin, une attente patiente s’organise devant un kiosque à journaux de la piazza Giuseppe Missori. Collectionneurs aguerris et nouveaux venus se rassemblent dans l’espoir de mettre la main sur l’un des précieux insignes distribués ce jour-là. Cette scène, devenue habituelle, illustre un phénomène qui transcende le simple souvenir. L’engouement pour les pin’s officiels des Jeux de Milan-Cortina a transformé la chasse à l’objet en un rituel urbain.

Douze modèles distincts, célébrant des quartiers ou des monuments emblématiques comme la Torre Velasca, ont été conçus pour l’événement. Leur distribution, annoncée de manière éphémère sur les réseaux sociaux, se déroule dans un lieu différent chaque jour, épuisant rapidement les stocks limités à deux cent cinquante unités. Cette pratique renoue avec une tradition olympique ancienne, où ces petites épingles servaient initialement à identifier les membres des délégations avant de devenir un vecteur d’échanges et de sociabilité.

Pour des passionnés comme Nate, un Américain de quarante-sept ans, cette pratique dépasse largement l’accumulation d’objets. Elle incarne l’esprit de rencontre et de partage propre aux Jeux. Les pin’s permettent d’engager la conversation, de tisser des liens avec des inconnus venus du monde entier, transformant chaque échange en un fragment d’histoire personnelle et collective. Cette dimension sociale est institutionnalisée par la création d’un centre officiel d’échange, permettant aux aficionados de négocier leurs pièces les plus rares.

Le marché informel qui en découle possède ses propres codes et ses valeurs. Les insignes des délégations les moins représentées deviennent des graals pour les collectionneurs, tandis que certaines éditions des Jeux passés acquièrent un statut mythique. Edwin Schneider, un vétéran ayant assisté à quatorze olympiades, évoque ainsi les difficultés à acquérir un pin’s de Tokyo 2020, une édition marquée par des restrictions de voyage. Son écharpe, couverte de dizaines de broches, raconte à elle seule un parcours de vie dédié à cette quête, mêlant patience, stratégie et une pointe d’humour sur les compromis familiaux que cette passion peut exiger.

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