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Société

La façade maritime, enjeu central de la bataille pour Marseille

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À quelques semaines du scrutin, les projets pour le littoral cristallisent les divergences entre les candidats à la mairie. L’accès à la mer, sa valorisation économique et sa protection environnementale structurent des visions politiques souvent antagonistes.

Le littoral marseillais, avec ses cinquante-sept kilomètres de côtes aux visages multiples, s’est imposé comme un thème majeur de la campagne électorale. Les propositions des principaux prétendants à l’hôtel de ville dessinent des perspectives contrastées pour l’avenir de ce patrimoine naturel, entre développement touristique, revendications sociales et impératifs écologiques.

La candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, défend une approche résolument économique. Elle évoque la possibilité de s’inspirer de modèles méditerranéens, notamment italiens, pour mieux monétiser l’attrait balnéaire, tout en maintenant les activités portuaires et de croisière. Son projet inclut la création d’une promenade continue le long de la mer, de l’Estaque aux Goudes, afin de reconnecter la ville à son front de mer.

À l’opposé, le député d’extrême droite Franck Allisio axe son discours sur la sécurité et la reconquête des espaces publics. Il dénonce un sentiment d’insécurité et un manque de propreté qui, selon lui, éloignent les familles des plages municipales. Parmi ses propositions les plus controversées figure l’instauration de créneaux horaires réservés à certains publics sur les plages, une mesure qu’il assume pleinement.

La gauche, quant à elle, rejette fermement toute forme de privatisation ou de segmentation sociale de l’accès au littoral. Le député Sébastien Delogu, candidat de La France insoumise, fustige des visions qu’il estime ségrégatives. Son camp prône une réorientation des activités du port, deuxième de France, pour qu’elles répondent davantage aux besoins locaux, par exemple en relançant le trafic de marchandises alimentaires.

Le maire sortant, Benoît Payan, et sa coalition mettent en avant les aménagements déjà engagés, comme le développement des activités nautiques pour la jeunesse ou le « plan posidonie » destiné à lutter contre l’érosion des plages. La protection de la biodiversité marine et l’extension des aires protégées font partie de leurs priorités affichées.

Un point semble toutefois faire l’unanimité parmi les principaux candidats, la nécessité de corriger une inégalité territoriale criante. Les quartiers nord, densément peuplés, souffrent d’un déficit criant d’accès à la mer. Tous s’engagent ainsi à agrandir la plage des Corbières, le seul site de baignade de ce secteur, symbole des fractures que la future municipalité devra combler.

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