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La diagonale ferroviaire du Massif Central, un angle mort du réseau TGV

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Le lancement d’une nouvelle liaison Lyon-Bordeaux évitant délibérément le centre de la France suscite l’incompréhension des territoires traversés, tandis que la SNCF défend une logique de réponse à la demande.

La SNCF a officialisé la création d’une liaison TGV Ouigo entre Lyon et Bordeaux devant entrer en service avant mi-2027. Ce trajet empruntera un itinéraire passant par Massy en Île-de-France, Saint-Pierre-des-Corps, Poitiers et Angoulême. Cette annonce intervient dans le cadre du développement accéléré de l’offre à bas prix, qui prévoit une augmentation de 30% des rames, des places et du nombre de voyageurs d’ici 2030.

Pour atteindre ces objectifs, l’opérateur ferroviaire compte reconvertir une partie des rames TGV retirées du service Inoui, portant la flotte Ouigo de 38 à 50 trains. Cette expansion permettra également le renforcement d’autres liaisons, dont une relation quotidienne Paris-Hendaye via le Pays basque et l’ajout d’un troisième aller-retour sur les axes Paris-Rennes et Paris-Montpellier.

Le choix du tracé évitant le Massif Central a provoqué des réactions vives parmi les élus et usagers de cette région. Les représentants locaux dénoncent un abandon des territoires centraux au profit des métropoles périphériques. Ils réclament le rétablissement d’une liaison Intercités transversale qui desservirait les villes du cœur du pays, soulignant la disparition progressive des connexions entre des agglomérations comme Clermont-Ferrand et Saint-Étienne.

La direction de la SNCF justifie cette orientation par la nécessité de répondre à une demande existante, visant à terme un million de voyageurs sur cette nouvelle liaison. L’entreprise mise sur des tarifs attractifs, avec la moitié des billets proposés à moins de trente euros, pour capter une clientèle habituée à l’avion, au bus ou à la voiture.

Les difficultés récurrentes de la liaison Paris-Clermont-Ferrand, régulièrement perturbée par des incidents techniques et des retards, ont été reconnues par la direction. Le président de la SNCF a promis de faire de cette ligne une priorité, tout en renvoyant à l’État la responsabilité de la création de trains d’équilibre du territoire. La question du désenclavement ferroviaire du centre de la France dépasse ainsi le simple cadre commercial pour toucher à l’aménagement du territoire.

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