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Société

La dénutrition des seniors, un fléau silencieux qui mine la santé publique

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Un million de Français de plus de 65 ans seraient touchés par cette pathologie souvent méconnue, aux conséquences potentiellement graves sur l’autonomie et la santé.

La dénutrition représente un enjeu majeur de santé publique, frappant près d’un million de personnes âgées en France. Ce phénomène reste fréquemment sous-diagnostiqué, en partie à cause de certaines idées reçues persistantes. Les spécialistes décrivent une situation préoccupante où l’organisme ne reçoit pas les apports énergétiques, protéiques et nutritionnels nécessaires à son bon fonctionnement.

Les conséquences cliniques sont significatives. On observe notamment un amaigrissement important, une réduction de la masse musculaire et une diminution des tissus adipeux. Les personnes concernées présentent souvent une faiblesse généralisée, des troubles de la marche et voient leur risque de chute augmenter considérablement. Cette fragilité peut conduire à des hospitalisations répétées, voire à une perte d’autonomie nécessitant une institutionnalisation.

Le cas de Marc, 82 ans, illustre cette réalité complexe. Après un cancer du poumon ayant entraîné une perte de poids importante, une infection sévère l’a conduit à un amaigrissement critique. Son appétit avait considérablement diminué, altérant même le goût des aliments qu’il appréciait auparavant. Son parcours de rétablissement a nécessité un suivi nutritionnel spécialisé et une rééducation progressive.

Les causes de la dénutrition chez les seniors sont multifactorielles. Outre les pathologies sous-jacentes, on note fréquemment des problèmes dentaires, une altération du goût, ou encore des difficultés psychologiques. Le professeur Agathe Raynaud-Simon, spécialiste en gériatrie, souligne que la perte musculaire constitue l’élément central du phénomène, pouvant survenir même chez des personnes en surpoids.

Le dépistage reste problématique. De nombreuses personnes âgées consultent rarement leur médecin, et leur entourage peut ne pas s’alarmer d’un amaigrissement progressif. Certaines croyances erronées persistent, comme l’idée qu’il serait normal de maigrir avec l’âge ou que les besoins en protéines diminueraient. La réalité physiologique démontre pourtant le contraire.

La prise en charge repose sur plusieurs piliers. Une alimentation enrichie en protéines, parfois complétée par des apports vitaminiques, constitue la base du traitement. La pratique d’une activité physique adaptée est essentielle pour reconstituer la masse musculaire. Ces recommandations vont parfois à l’encontre des conseils nutritionnels destinés à la population générale.

La précarité économique aggrave la situation. Avec deux millions de retraités vivant sous le seuil de pauvreté, nombreux sont ceux qui réduisent leur consommation d’aliments protéinés pour des raisons budgétaires. Des initiatives comme le programme « Bons gestes et bonne assiette » des Banques Alimentaires accompagnent des milliers de personnes vers une meilleure alimentation malgré des ressources limitées, combinant conseils nutritionnels et activité physique adaptée.

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