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La contestation économique gagne les campus iraniens

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Alors que les commerçants ont récemment exprimé leur mécontentement, la jeunesse étudiante manifeste à son tour dans plusieurs grandes villes du pays, reflétant une inquiétude grandissante face à la situation économique.

Le mouvement de protestation né ces derniers jours s’est étendu aux universités. Des rassemblements ont été signalés mardi dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur de la capitale, Téhéran, ainsi qu’à Ispahan. Les cortèges se sont formés dans des institutions académiques réputées, selon des informations rapportées par une agence de presse locale. Cette mobilisation intervient après celle des commerçants, qui avaient fermé leurs boutiques en début de semaine pour protester contre la dégradation des conditions économiques.

Le président de la République, Massoud Pezeshkian, a réagi en affirmant avoir demandé au ministre de l’Intérieur d’être à l’écoute des doléances exprimées. Il a indiqué sur les réseaux sociaux que le gouvernement devait dialoguer avec les représentants des manifestants afin de résoudre les problèmes. Parallèlement, le chef de l’exécutif a rencontré des responsables syndicaux et proposé un ensemble de mesures fiscales temporaires destinées à soutenir les entreprises.

De son côté, le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a émis une mise en garde contre les risques de déstabilisation, évoquant la possibilité que des troubles soient instrumentalisés. Les autorités ont régulièrement accusé par le passé des puissances étrangères de fomenter des agitations sur le territoire national. Dans les rues de Téhéran, une présence policière renforcée était visible mardi autour des places centrales, bien que l’activité commerciale semblait globalement reprendre son cours habituel sur les grands axes.

Le contexte économique national reste marqué par de fortes tensions. La monnaie iranienne, le rial, connaît une dépréciation persistante, ayant atteint récemment un niveau historiquement bas sur le marché parallèle des changes. Cette faiblesse monétaire alimente une inflation élevée, officiellement évaluée à plus de cinquante pour cent sur un an en décembre dernier, avec des pics bien plus importants sur les produits de base. Cette instabilité perturbe les échanges, incitant tant les vendeurs que les acheteurs à différer leurs transactions.

La situation est aggravée par le rétablissement, fin septembre, de sanctions internationales liées au programme nucléaire iranien, venant s’ajouter à des décennies de restrictions économiques. Face à cette crise, le gouvernement a procédé lundi à un changement à la tête de la Banque centrale, rappelant à ce poste un ancien gouverneur qui avait déjà occupé ces fonctions entre 2018 et 2021. Sa nomination intervient dans un climat d’incertitude, où de nombreux Iraniens expriment un sentiment d’abandon. Un manifestant interrogé mardi par un quotidien local déplorait ainsi l’absence de soutien des responsables politiques face aux conséquences concrètes de la crise monétaire sur le quotidien des citoyens.

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