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La coalition saoudienne frappe le Yémen, visant des armes attribuées aux Emirats

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L’Arabie saoudite a mené une opération aérienne contre un port yéménite, accusant son allié émirati de soutenir les séparatistes. Le gouvernement yéménite a répliqué en décrétant l’état d’urgence et en rompant un pacte de défense avec Abou Dhabi.

Une escalade militaire inédite entre alliés de longue date vient de se produire au Yémen. Mardi, l’Arabie saoudite a annoncé avoir conduit des frappes aériennes contre le port d’al-Mukalla, dans l’est du pays. L’objectif déclaré était de détruire des cargaisons d’armes et de véhicules militaires qui, selon Ryad, avaient été débarquées depuis des navires en provenance des Emirats arabes unis pour être remises aux forces séparatistes du Conseil de transition du Sud (STC).

Dans un communiqué officiel, le ministère saoudien des Affaires étrangères a qualifié les actions des Emirats de « mesures extrêmement dangereuses ». Il a exprimé ses regrets quant au soutien présumé d’Abou Dhabi aux opérations militaires des séparatistes, estimant que celles-ci constituaient une menace directe pour la sécurité du royaume et de la région. Les autorités saoudiennes affirment que les équipages des navires avaient désactivé leurs systèmes de suivi avant le déchargement.

En réaction à cette crise, le gouvernement yéménite, soutenu par Ryad, a pris deux décisions majeures. Il a décrété l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire national et annoncé l’annulation d’un accord de défense qui le liait aux Emirats arabes unis. Cette rupture symbolique marque un tournant dans les alliances complexes qui structurent le conflit yéménite.

Sur le terrain, à al-Mukalla, des sources locales ont fait état d’une évacuation préventive du port peu avant les frappes, qui n’auraient fait aucune victime selon la version saoudienne. Les autorités ont cependant fermé les accès à la zone par mesure de sécurité. Les Emirats arabes unis n’ont pas immédiatement réagi publiquement à ces accusations.

Cette crise ouverte entre Ryad et Abou Dhabi intervient dans un contexte de regain de tensions au sud du Yémen. Depuis plusieurs semaines, les forces du STC, pourtant théoriquement intégrées au gouvernement, ont étendu leur contrôle sur de vastes zones, appelant au rétablissement d’un Etat indépendant dans le sud du pays. Cette poussée séparatiste, qui ouvre un nouveau front interne, fragilise davantage un Etat déjà déchiré par près d’une décennie de guerre contre les rebelles houthis.

L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis étaient jusqu’alors les piliers de la coalition militaire intervenant au Yémen depuis 2015 pour soutenir le gouvernement reconnu internationalement. Cette divergence stratégique majeure, où chacun semble soutenir des factions différentes sur le terrain, risque de compliquer encore la recherche d’une issue politique à un conflit ayant provoqué une catastrophe humanitaire d’une ampleur considérable.

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