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La cheffe du gouvernement thaïlandais évincée par la Cour constitutionnelle

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Un enregistrement téléphonique controversé avec l’ancien dirigeant cambodgien Hun Sen a conduit à la destitution de la Première ministre. Cette décision judiciaire plonge le pays dans une incertitude politique profonde.

La Cour constitutionnelle thaïlandaise a prononcé vendredi la destitution de la Première ministre Paetongtarn Shinawatra et de l’ensemble de son gouvernement. Cette décision fait suite à une affaire concernant la gestion des relations avec le Cambodge voisin. Les neuf magistrats ont estimé que la dirigeante n’avait pas respecté les standards éthiques requis pour exercer ses fonctions lors d’un échange téléphonique avec l’ancien Premier ministre cambodgien Hun Sen.

Cet entretien, enregistré et diffusé sans son consentement en juin dernier, portait sur des tensions frontalières entre les deux pays. Un soldat cambodgien avait trouvé la mort fin mai lors d’un accrochage avec l’armée thaïlandaise dans une zone contestée. La communication divulguée a été perçue comme trop conciliante par certains cercles politiques thaïlandais, provoquant le retrait du parti Bhumjaithai de la coalition gouvernementale.

Paetongtarn Shinawatra, âgée de 39 ans, a défendu sa démarche en affirmant avoir agi dans l’intérêt supérieur de la nation. Elle a souligné que ses intentions visaient à préserver la sécurité des populations civiles et militaires. Cette destitution s’inscrit dans un contexte familial marqué par l’histoire politique mouvementée des Shinawatra. Son père, Thaksin, et sa tante, Yingluck, ont précédemment été évincés du pouvoir par des interventions militaires.

La situation actuelle risque d’engendrer une paralysie institutionnelle durable. Aucune personnalité ne semble en mesure de succéder immédiatement à la dirigeante déchue. Le parti Pheu Thai, au pouvoir, dispose d’une majorité parlementaire fragile. Les règles constitutionnelles limitent strictement la liste des candidats éligibles au poste de Premier ministre, réduisant davantage les options possibles.

La perspective d’organiser de nouvelles élections se heurte à des incertitudes procédurales, notamment concernant la légitimité du gouvernement intérimaire à convoquer le scrutin. Cette décision de justice intervient une semaine après l’acquittement de Thaksin Shinawatra dans une affaire distincte de lèse-majesté, rappelant les tensions persistantes entre le clan Shinawatra et l’establishment traditionnel thaïlandais.

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