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La Berlinale déploie son tapis rouge sur un monde en tension

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Le premier grand rendez-vous cinématographique de l’année s’ouvre à Berlin avec une sélection résolument ancrée dans les réalités contemporaines, où la création artistique se pose en rempart contre les oppressions.

Le festival international du film de Berlin inaugure sa soixante-seizième édition ce jeudi soir. L’événement, présidé cette année par le cinéaste allemand Wim Wenders, propose une programmation éclectique reflétant les fractures et les interrogations de notre époque. Dans un contexte géopolitique marqué par de vives polarisations, la direction de la manifestation réaffirme avec force le rôle essentiel de la liberté de création. Pour les organisateurs, le septième art constitue un instrument de résistance face aux régimes autoritaires, un espace où s’exprime la lutte pour les droits fondamentaux.

L’édition précédente avait été marquée par la proximité avec des échéances électorales nationales. Si l’actualité politique allemande est cette fois moins prégnante, les conflits internationaux et les situations de répression, notamment au Moyen-Orient, devraient naturellement irriguer les débats d’une manifestation reconnue pour son engagement. La sélection officielle explore plusieurs thèmes récurrents, des structures familiales à l’épreuve des pressions sociales aux notions d’appartenance et d’identité, en passant par l’impact des grands bouleversements politiques sur les destins individuels.

La soirée d’ouverture sera marquée par la remise d’un Ours d’or d’honneur à l’actrice malaisienne Michelle Yeoh, consacrée par un Oscar en 2023. Près de deux cents œuvres seront présentées au cours des dix jours de la manifestation, dont vingt-deux en compétition pour la récompense suprême. Signe d’une volonté affirmée de parité, la majorité des films en lice sont l’œuvre de réalisatrices. Le long-métrage inaugural, *No Good Men*, est d’ailleurs signé par la cinéaste afghane Shahrbanoo Sadat, en exil depuis 2021. Son récit, situé à Kaboul à la veille de la reprise du pouvoir par les talibans, offre un portrait intime de la condition féminine dans son pays d’origine.

Parmi les films hors compétition attendus figure *Roya*, de l’Iranienne Mahnaz Mohammadi, qui aborde la thématique de l’emprisonnement politique. La sélection berlinoise, traditionnellement moins focalisée sur les blockbusters hollywoodiens que ses homologues de Cannes ou Venise, réserve toutefois quelques propositions grand public, à l’image de *The Weight*, porté par Ethan Hawke et Russell Crowe. Tourné en Allemagne, ce film d’aventure situé durant la Grande Dépression américaine illustre la tendance croissante des productions internationales à se délocaliser pour des raisons économiques.

Du côté de la compétition, les regards se tournent notamment vers *Rosebush Pruning* du Brésilien Karim Aïnouz, une satire de la famille patriarcale qui réunit un casting éclectique incluant Elle Fanning et Pamela Anderson. L’actrice allemande Sandra Hüller, dont la notoriété a explosé internationalement ces derniers mois, suscite également l’attente pour son rôle dans *Rose*, où elle incarne un personnage masculin dans l’Allemagne du XVIIe siècle. La présence française sera portée par Juliette Binoche, en lice dans *Queen at Sea*, et Isabelle Huppert, qui incarne une comtesse vampire dans *The Blood Countess* d’Ulrike Ottinger. Le festival se poursuivra jusqu’au 21 février, date à laquelle sera décerné le nouvel Ours d’or.

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