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Kony devant la CPI, l’ombre d’un bourreau plane toujours sur l’Ouganda

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Malgré les années, les séquelles des exactions attribuées à Joseph Kony demeurent profondes. La Cour pénale internationale examine cette semaine la confirmation des charges retenues contre le chef de guerre, toujours en fuite.

La procédure engagée à l’encontre de Joseph Kony s’est ouverte ce mardi devant la Cour pénale internationale, marquant une étape judiciaire singulière, tenue en l’absence de l’accusé. Celui-ci fait l’objet de trente-neuf chefs d’accusation pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, allant du meurtre à l’esclavage sexuel, des violences perpétrées entre 2002 et 2005 dans le nord de l’Ouganda.

Le procureur a souligné la persistance des traumatismes infligés aux populations civiles. Les blessures physiques et psychologiques demeurent vivaces, tout comme les fractures au sein des communautés touchées. Le tissu social de la région reste profondément affecté, entravant toute reconstruction durable.

Cette audience, prévue sur trois jours, vise à confirmer les charges pesant sur le leader de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA). Les juges devront ensuite statuer, dans un délai de soixante jours, sur l’opportunité d’un procès. Celui-ci ne pourra cependant se tenir que si Joseph Kony est un jour appréhendé et transféré à La Haye, conformément au règlement de la Cour.

Les avocats de la défense ont dénoncé une procédure coûteuse et vaine, mais l’accusation estime qu’elle permettra d’accélérer d’éventuelles futures audiences. Joseph Kony, dont la trace a été perdue depuis près de vingt ans, avait nié les accusations le concernant lors de sa dernière apparition publique, qualifiant les récits de ses exactions de « propagande ».

Sous son commandement, la LRA a semé la terreur pendant trois décennies en Ouganda et dans plusieurs pays voisins, causant la mort de milliers de personnes et enrôlant de force des dizaines de milliers d’enfants. Les récits des survivants décrivent des pratiques d’une extrême violence, incluant mutilations, cannibalisme et asservissement.

Aujourd’hui encore, des témoins directs, comme Everlyn Ayo, racontent les nuits passées à fuir through les brousses, les corps sans vie découverts au petit matin, et les séquelles indélébiles de ces années de terreur. Malgré le silence radio autour de la localisation de Kony, son héritage traumatique, lui, demeure bien présent.

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