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Justice : la société Midi Libre reconnue coupable de faute inexcusable après le suicide d’un chef d’agence

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La Cour d’Appel de Montpellier a rendu son jugement le 1er décembre 2021 et a condamné le journal Midi Libre dans le cadre du suicide d’un de ses employés. François Charcellay était journaliste et chef de l’agence Midi Libre de Nîmes. Il s’était donné la mort à son domicile, dans la nuit du 19 au 20 mars 2014.

François CHARCELLAY est entré chez Midi Libre en 1997. À sa demande, il a été transféré de l’agence de Sète, après plus de 10 ans de services, vers l’agence de Montpellier en 2008, avant d’être affecté à l’agence de Nîmes en octobre 2009, en qualité de chef d’agence. C’est notamment à partir de ce moment que les conditions de travail se seraient détériorées. Dans une lettre, écrite un mois avant son décès, il déplorait : « J’entame ma cinquième année comme chef d’agence Midi Libre à Nîmes. Je m’y suis épuisé. Un épuisement dû à des conditions de travail parfois insupportables. »

Des conditions de travail qui semblaient avoir un impact très important sur la santé mentale et physique du journaliste. Selon son médecin traitant, « il présentait une hypotension orthostatique, avait un poids fluctuant entre 72 et 77 kilos pour 1m86 sur un fond d’anorexie. Son état d’anxiété était tel qu’il en était devenu insomniaque. […] Il présentait également des épisodes cutanés de type eczéma. Son état de santé a nécessité un traitement d’antidépresseurs et d’anxiolytiques.» C’est pour mettre fin à son mal-être que le journaliste s’est suicidé dans la nuit du 19 au 20 mars 2014. Dans sa lettre d’adieu, datée du 15 mars 2014, il s’adressait à son épouse : « Je suis épuisé, depuis des mois, par mes conditions de travail. De plus, tu sais que dans l’entreprise qui est Midi Libre, personne ne s’est jamais préoccupé des conditions matérielles et financières que mon affectation a engendré sur notre situation financière. »

Midi Libre attaqué en justice

Témoin de premier rang de la situation que traversait son mari, c’est Julienne CHARCELLAY qui a pris l’initiative de cette procédure à l’encontre de la SA Midi Libre en 2015. Lors d’un premier jugement, rendu le 6 novembre 2017 par le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale (TASS), Midi Libre avait été condamné. Le média occitan avait fait appel de la décision. Midi Libre avait mis en avant une lettre, adressée à son épouse, en date du 28 décembre 2009, dans laquelle François CHARCELLAY pointait du doigt des difficultés personnelles avant même que surviennent ses problèmes professionnels. Toutefois, l’arrêt émis par la Cour d’Appel de Montpellier a confirmé le premier jugement qui a qualifié cet incident comme un accident de travail. « Le suicide de M. François Charcellay est, comme tout suicide, un phénomène multifactoriel dépourvu d’une cause unique, il a été déterminé essentiellement par la dégradation des conditions de travail du salarié qui se trouvait pris entre les contraintes de son environnement professionnel et les exigences de sa direction qui ne lui allouait pas les ressources nécessaires pour y faire face. Dès lors, le suicide du salarié est survenu du fait du travail et constitue bien un accident du travail. »

De plus, la cour a aussi reconnu une faute de l’employeur et donc de Midi Libre. Dans l’arrêt émis par la Cour d’Appel de Montpellier, on peut lire : « L’employeur, qui a soumis durant plusieurs mois le salarié à une dégradation continue de ses conditions de travail, et qui a reçu à plusieurs reprises ses doléances, aurait dû avoir conscience du danger auquel se trouvait exposé le salarié et prendre les mesures nécessaires pour l’en préserver. Tel n’est pas le cas en l’espèce, de l’aveu même de l’employeur qui explique n’avoir pu prendre aucune mesure de protection faute de conscience du danger. Dès lors, l’employeur a bien commis une faute inexcusable. »

Néanmoins, cette décision exécutoire n’est pas définitive, Midi Libre peut se pourvoir en cassation jusqu’à deux mois après la décision de justice. Selon nos informations, il ne devrait pas y avoir de pourvoi en cassation. Maître Isabelle MOLINIER, l’avocate de Mme CHARCELLAY, commentait notamment, « ce sont deux bonnes décisions qui ont été rendues puisque la Cour d’Appel n’a fait que confirmer le jugement de première instance, reconnaissant que monsieur Charcellay avait souffert de harcèlement moral important, conduisant malheureusement à son suicide. La faute inexcusable de l’employeur a été confirmée par cette même Cour d’Appel. »

En outre, Midi Libre doit verser la somme de 10 000 € à titre de dommages et intérêts à Madame Charcellay, ainsi que 1 500 € au titre des frais irrépétibles d’appel.


Le suicide, un sujet toujours tabou

« J’ai parfois eu des pensées suicidaires et j’en suis peu fier ». Ces paroles sont celles du dernier single de Stromae. L’artiste belge a chanté L’enfer, son nouveau morceau pour la première fois le 9 janvier en direct du 20 heures sur TF1. Cette performance n’est pas restée sous silence et s’avère même d’utilité publique selon certains spécialistes.

Charles-Edouard Notredame, coordinateur adjoint du 3114 rapportait une « hausse sensible » des appels suite au passage de Stromae. « Il y a des gens qui nous appellent et qui font référence explicitement au fait qu’ils ont vu Stromae à la télé. De manière très claire, on a un effet Stromae », soulignait-il au micro de BFM TV. De son côté, Nicolas Rainteau, psychiatre au CHU de Montpellier déclarait sur Twitter que « L’impact qu’a eu Stromae en trois minutes, je ne l’aurais jamais en une vie de psychiatre ! Ceux qui ont connu la dépression savent que ce n’est pas évident d’en parler. Lui décide de le faire ».

Avoir des idées suicidaires n’est pas anodin. Si vous vous sentez concerné ou que vous avez besoin d’aide, des professionnels de santé sont là pour aider. N’hésitez pas à prendre contact avec des centres médico-psychologiques ou les services d’urgences des hôpitaux. Il est aussi possible de contacter le 3114, le numéro national de prévention du suicide.

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À LIRE AUSSI > Justice – Sète: François Commeinhes condamné pour favoritisme à une peine de 10 mois de prison avec sursis

Bassin de Thau

Rolland Courbis débarque au FC Sète : « J’ai toujours aimé ce maillot » (entretien exclusif)

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Mercredi, Le Singulier était présent au Stade Louis Michel pour assister aux premiers pas de Rolland Courbis au FC Sète. La légende vivante du championnat de France, qui a notamment entraîné le MHSC, le Stade Rennais ou encore l’Olympique de Marseille, débarque dans l’Hérault pour apporter son expérience à l’équipe première en pleine lutte pour le maintien. Pour Le Singulier et en exclusivité, le technicien a livré sa première interview en tant que Sétois.

Le Singulier : Est ce qu’on peut dire que le sud vous manquait ?

Rolland Courbis : C’est une évidence. C’est surtout la région du côté du Sète qui ne me laissera jamais indifférent compte-tenu de mon double passage à Montpellier. En plus, Sète ne me laisse pas indifférent car il y a ce maillot que j’ai toujours aimé quand j’étais petit. J’en ai aussi un mauvais souvenir en Gambardella en 1972. J’ai été éliminé par une équipe de Sète avec les frères Granier, il y avait aussi un blondinet talentueux côté gauche qui s’appelait David. On menait 2-0, j’avais marqué un des deux buts et malheureusement ça a fait 4-2 pour Sète et on a été éliminé de la Gambardella. Mais ça ne m’a pas enlevé la sympathie que j’ai pour cet endroit que je trouve mignon. Comme Brassens non plus ne me laissait pas indifférent. Ce n’est pas un secret de dire que j’aime bien ce coin-là.

Après deux passages à Montpellier, vous êtes presque à la maison au FC Sète. Que ressentez-vous ?

À la maison, dans le jardin (rires). Je ne sais pas ce qu’on peut dire mais je suis dans un des endroits les plus mignons de cette région !

En 1972, vous êtes tombé face à l’esprit et la combativité sétoise. Voulez-vous ramener ces valeurs au sein de l’équipe première ?

Je ne sais pas si il y a un esprit Sétois mais il y a des passionnés de football partout. Il y en a aussi à Sète. On ne se rend pas compte mais voir une petite ville comme Sète, par rapport à tout ce qu’on peut voir dans le football, faire partie des 58 équipes importantes de notre pays, c’est déjà une très très belle chose. Si un jour Sète peut être en deuxième division et Montpellier en Ligue 1, ce serait une très très bonne chose par rapport à certains joueurs qui pourraient être prêtés. C’est déjà pas mal d’être en National et c’est pour ça qu’il faut tout faire pour éviter la descente !

Grâce à vos liens avec le MHSC, comptez-vous renforcer encore plus les relations entre le FC Sète et Montpellier ?

Je n’ai pas du tout l’intention de rapprocher encore plus Sète et Montpellier. Ce n’est pas que j’en n’ai pas envie, c’est que je n’en ai pas le temps. J’ai encore un contrat de deux ans et demi avec RMC et BFM TV. Si je peux filer un petit coup de main en donnant quelques petits détails qui me paraissent indispensables pour augmenter les chances de maintien, évidemment que je ne vais pas m’en priver.

Comment s’est passé votre arrivée au club ?

Il n’y a pas eu de longues discussions. J’étais au courant que le manager général Patrick Soria, dit Soso dans le coin, se retrouve à l’intérieur de ce club comme l’un des personnages importants. Un coup de fil d’un gars qui représente Sète, c’est toujours un coup de fil bien venu. Et si je peux donner des petits conseils… Toute une liste de petits détails peut faire de grandes différences à la fin ! On ne va pas se priver de profiter de ces petits détails que j’ai pu piquer à droite et à gauche. J’ai une certaine expérience et une certaine compétence oui, mais je préférerais avoir l’âge de Nicolas Guibal (le coach) et avoir un peu moins d’expérience (rires).

Quel est votre mission principale ici ?

Donner mon point de vue ! J’ai vu pas mal de vidéos, je trouve que ce groupe-là est un groupe avec pas mal de qualités et aussi une marge de progression qui doit continuer à être exploitée. Le boulot de Nicolas est un boulot très sérieux mais il faut continuer à progresser pour se retrouver moins angoissé. Le classement de Sète est effectivement un classement angoissant.

Les supporters vont-ils pouvoir vous croiser au Stade Louis Michel ?

Je ne pense pas. Peut-être lors du match contre Villefranche (le 6 mai, dernier match de la saison à domicile ndlr), mais ça dépendra aussi de mon planning avec mes obligations professionnelles. Il est possible que j’accompagne cette équipe un peu plus souvent dans les deux dernières journées en espérant qu’on aura fait un grand pas vers le maintien avant le match contre Villefranche.

Sète compte deux points d’avance sur le premier relégable mais avec un match en moins (le match contre le Red Star a été arrêté prématurément). Croyez-vous au maintien ?

Ce qui n’était pas prévu, c’était les deux résultats de Chambly avec un nul et une victoire contre Bourg-en-Bresse. Chambly et Créteil ne sont pas encore éliminés de ce National. Il y a des matchs importants mais une des erreurs à ne pas faire, c’est de prioriser ces matchs aux autres. On prend les matchs un par un, point final.

Si le maintien est acquis, peut on espérer vous voir poursuivre l’aventure ?

C’est trop tôt pour répondre à ça. Aider Sète et apporter un petit plus pour le maintien, ça sera l’une de mes satisfactions personnelles ! Je serai très heureux. Revenir de temps en temps et manger un petit morceau en saluant toutes les personnes que j’aime bien dans ce club, ça c’est possible ! (sourire)

Pourquoi autant de discrétion autour de votre arrivée ?

Mon importance, dans certains cas, d’accord, mais là si c’est pour encore entendre « le pompier de service », le sorcier », etc… Non ! Il y a une connaissance du football qu’on ne peut pas m’enlever. Si des gens que j’aime bien peuvent en profiter, je serai très heureux, tout simplement.

Que pensez-vous du National ?

Ce n’est pas tout à fait professionnel mais en vérité ça l’est. Les joueurs s’entraînent tous les jours. C’est très bien pour Sète, en attendant peut-être de voir mieux un jour. Mais déjà être en National, je trouve que c’est très bien.

Depuis 2016, vous n’avez pas entraîné d’équipe. Est-ce que le terrain vous manquait ?

J’aurai toujours la passion du football et ce depuis l’âge de 8 ans. Heureusement d’ailleurs que j’ai rencontré le football, qui a été un fidèle copain avec des hauts et des bas tout au long de ma vie. Cette passion je l’aurai toujours, mais ce que j’ai perdu depuis quelques mois c’est la patience. Avant, j’arrivais à rester calme mais maintenant j’ai du mal. Ce qu’il faut arriver à transmettre quand on est coach, c’est une certaine tranquillité, un certain calme. Pour quatre ou cinq matchs, je fais des efforts moi-même car je ne peux pas demander aux joueurs de faire des efforts et pas moi. Il faut donner l’exemple. Mais plus… Sincèrement, ça ne me manque plus, je dirai même plus du tout !

Est-ce que c’est l’amour du foot qui vous a poussé à accepter cette mission ?

L’amour du foot, l’amour de la région et aussi la sympathie pour certaines personnes qui sont dans ce club. Ça oui !

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Bassin de Thau

FC Sète : François Commeinhes demande la démission du Président à effet immédiat

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François Commeinhes -Jean-François Gambetti

François Commeinhes a reçu ce mardi matin le président du FC Sète 34 Jean-François Gambetti pour lui demander sa démission à effet immédiat.

Mais que se passe-t-il dans la tête de François Commeinhes ? Selon nos informations, le maire de la ville de Sète a reçu ce mardi matin le président du FC Sète Jean-François Gambetti pour lui demander sa démission à effet immédiat.

Une source proche du cabinet nous rapporte que le maire de la ville de Sète, « souhaite mettre en place un autre projet et rapidement ». C’est ce que François Commeinhes aurait expliqué à Jean-François Gambetti lors de cette réunion qui a duré moins de 5 min. Pourquoi cette urgence soudaine ? Nos journalistes continuent d’enquêter sur cette urgence suspecte.

Alors que le club se trouve à 3 pts du premier relégable et joue 4 matchs cruciaux dans les prochaines semaines cette demande de démission surprend. Ce drôle de timing rend septique certaines personnes au club, « C’est quand même un drôle de personnage ce maire. Au lieu de nous soutenir de tout son poids pour les 4 finales qu’il nous reste pour nous maintenir en national, il vient nous enfoncer. C’est incompréhensible, on se demande vraiment si il aime ce club. Le président est très apprécié des parents et des joueurs il le sait ça ? », nous explique un fervent supporter abasourdit devant la nouvelle.

« Il dépasse les bornes là c’est du grand n’importe quoi de demander un changement à ce moment là. Il connaît rien à l’alchimie de ce sport, il envoie des ondes négatives. Si on descend il aura sa part de responsabilité et il faudra assumer », ajoute-t-il.

Un promoteur immobilier pour reprendre le club

Une équipe première en national, des classes sportives masculines et féminines qui se créent pour la rentrée prochaine, un club stable et en bonne santé financière, c’était trop beau ! L’opération destruction commence et avec l’aide d’un promoteur immobilier…

En effet selon nos informations l’arrivée de Ludovic Liron est actée en interne depuis le début du mois d’avril. Cet ancien joueur pro aujourd’hui promoteur immobilier est fortement pressenti pour reprendre le club dans les prochaines semaines. Ce proche de George Besson a été retenu par François Commeinhes « alors qu’il avait le pire dossier si on le compare aux autres propositions sur la table », nous explique un proche de l’équipe municipale qui est contre ce choix.

« Ça va être difficile de faire semblant de soutenir ça, mais il va falloir faire le job », ajoute t-il.

L’ombre d’Émile Anfosso derrière Ludovic Liron

Selon nos informations, Ludovic Liron ne serait ni plus ni moins que le protégé d’Emile Anfosso. D’après une source proche de l’ancien directeur des HLM de Sète, « il enchaine les rendez-vous ces dernières semaines avec un agenda de ministre et coordonne l’arrivée de son poulain avec l’aide de Thierry Schmidt », nous explique cette source.

Pour rappel Emile Anfosso et Thierry Schmidt occupent tous deux comme d’autres anciens élus de Francois Commeinhes, des places de chargés de missions à la communauté d’agglomération de Sète Agglopôle Méditerranée. « Ils ne doivent pas avoir beaucoup de travail à l’agglo pour enchainer autant de rendez-vous depuis deux semaines qui ne concernent pas leur domaine de compétences », nous explique une personnalité sétoise qui a décliné une proposition pour intégrer l’équipe dirigeante. « C’est du recyclé, ça ne marchera pas, je préfère rester loin de tout ça », nous explique t-il.« Avec les noms que j’entend c’est un retour 15 ans en arrière. Pour moi c’est non », ajoute t-il.

Pour rappel en 2009 plombé par une dette estimée à 800 000 euros le club avait été placé en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Montpellier le 15 juin 2009 et avait dû repartir en Division d’Honneur pour la saison 2009-2010. Cette liquidation judiciaire avait eu lieu sous la présidence de Laurent Besson qui venait de prendre la succession d’Émile Anfosso.

À LIRE AUSSI >[Enquête] Sète – Politique : Sébastien Denaja au cœur d’un double jeu

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Bassin de Thau

[Enquête] Sète – Politique : Sébastien Denaja au cœur d’un double jeu

Le rédaction du Singulier vous propose de découvrir une enquête explosive dans laquelle Sébastien Denaja semble au coeur d’un double jeu politique lors des dernières élections municipale de la Ville de Sète.

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Sébastien Denaja

Nous vous proposons de découvrir notre large enquête après sept mois d’investigations au coeur du système de François Commeinhes.

Le point de départ de notre enquête était simplement de comprendre pourquoi Sébastien Denaja ancien candidat aux élections municipales aujourd’hui conseiller municipal d’opposition et conseiller communautaire était si peu actif dans son rôle d’opposition ?

Ce que nous avons découvert est stupéfiant…

Des oppositions politiques productives

Thierry Baëza à Mèze, Gérard Prato et Gilles Ardinat à Frontignan, Sébastien Pacull, Véronique Calueba, Laura Séguin, Laurent Hercé à Sète, nous sommes assaillis de communiqués de presse depuis des mois par ces oppositions du bassin de Thau qui travaillent sans relâche. D’autres c’est vrai un peu moins actifs que ceux cités précédemment sont aussi présents en faisant suivre leur activité si faible soit-elle et semblent remplir leur rôle d’opposition tant bien que mal.

Sébastien Denaja, présente un bilan de zéro mail à notre rédaction depuis le début du mandat. Une opposition muette, suspecte, sur laquelle nous avons voulu enquêter.

Nos longs mois d’investigations sur cette seule interrogation vont nous mener tout droit au coeur du système de François Commeinhes.

Un sms troublant

Il aura fallu à nos journalistes plusieurs mois d’investigations et différentes prises de contact pour mettre la main sur un sms envoyé par Sébastien Denaja à François Commeinhes le 04 Juin 2020 soit deux jours après le dépôt à la Préfecture de l’Hérault de la liste fusionnée en présence de Véronique Calueba.

Sébastien Denaja semble pris de remords après l’annonce publique de ce ralliement derrière Véronique Calueba. Auprès du maire sortant de la ville de Sète, c’est très précisément à 09h26 quelques jours après l’annonce publique qu’il va par sms s’expliquer auprès de celui qu’il doit combattre dans les prochaines semaines.

Presque désolé de continuer le combat il écrit, « alors que je pensais me retirer de la course aux municipales, j’ai dû pour des raisons diverses accepter l’accord ».

« Pour ce qui me concerne je reste fidèle à ma façon de faire. Une campagne sans attaque personnelle », explique-t-il. « Il a pu m’arriver parfois de faire quelques petits dérapages, que j’ai d’ailleurs chaque fois regretté », se justifie-t-il. Avant de conclure, « Je conserve un profond respect pour l’homme François Commeinhes qui sera toujours pour moi le père de mon amie d’enfance Adèle. »

« tu restes ultra-favori », lui dit-il à vingt quatre jours du scrutin final des élections municipales.

Celui qui porte l’espoir de milliers d’électeurs de voir un changement de majorité municipale rassure son adversaire politique qu’il doit battre aux côtés de Véronique Calueba à vingt quatre jours du scrutin final.

Est-ce la bonne façon de mener un combat politique et de mettre en difficulté son adversaire ? Pourquoi se justifie-t-il ? Depuis quand Sébastien Denaja rend-il des comptes à François Commeinhes ? Nos journalistes enquête toujours sur ces questions.

Notre rédaction a pu s’entretenir longuement hier avec Sébastien Denaja et ce à plusieurs reprises. L’ancien député de l’Hérault confirme l’existence de ce sms. Il explique que « c’est un message en mon honneur. Ce message dit que le combat politique va continuer sur des bases uniquement politiques et que je me livrerai à une campagne sur mes idées ». Et d’ajouter, « c’est vrai que j’ai pour la personne de Francois Commeinhes un lien particulier, je le connais depuis enfant car j’étais en classe avec sa fille ».

Sébastien Denaja en contact avec des proches de Francois Commeinhes

Dès la prise de connaissance de ce sms qui vient renforcer notre conviction quant à une opposition politique suspecte, nous ne lâcherons l’élu d’opposition de gauche de la Ville de Sète. Nous allons mener pendant plus de sept mois une intense surveillance sur les actions de Sébastien Denaja.

Après des mois d’investigations et de surveillance étroite, notre travail porte ses fruits. Nous avons réussi à établir un lien important entre des très proches de François Commeinhes et Sébastien Denaja.

C’est plusieurs semaines après s’être procuré ce premier sms à destination de Francois Commeinhes que nous allons pouvoir mettre la main sur des centaines d’échanges privés entre des proches de Francois Commeinhes et Sébastien Denaja.

Les nombreux documents et messages privés que nous avons pu nous procurer révèlent d’importantes contradictions entre le discours public et les actions réelles de l’ancien député de l’Hérault.

Une confiance qui se construit sur plusieurs mois entre les proches de Francois Commeinhes et un homme en souffrance

Nous avons pu localiser précisément un premier contact entre ces proches de Francois Commeinhes et Sébastien Denaja en Février 2019 soit un an avant les élections municipales.

D’après les éléments que nous avons pu consulter ce qui n’était au départ un jeu de chambrage entre des adversaires politiques, va très vite se transformer en une domination psychologique exercée sur un homme visiblement en souffrance et en recherche de relations à l’écoute.

Malgré ses craintes, Sébastien Denaja va devenir au fil du temps un candidat  au service d’une redoutable équipe expérimentée.

L’ancien député de la 7ème circonscription de l’Hérault parait complément déconnecté de toute réalité et ne semble pas mesurer la gravité de la situation et des informations échangées avec ses adversaires politiques. Les barrières s’effondrent semaines après semaines. La confiance entre les proches de Francois Commeinhes et l’ancien député de l’Hérault se construit peu à peu et s’installe tout doucement au fil des mois.

Sébastien Denaja est comme aspiré par une machine bien huilée.

L’ancien candidat aux élections municipales de Sète semble trouver du réconfort auprès de ces échanges. On l’écoute beaucoup, on le conseille même sur divers sujets. Il se confie sur ses loisirs, ce qu’il vient de manger, son travail, la politique, jusqu’à partager et offrir sur un plateau à ses adversaires ses problèmes personnels. Du pain béni pour ces prédateurs qui n’ont jamais perdu de vue leur objectif : retourner l’ennemi.

Visiblement soulagé d’avoir trouvé des personnes à qui parler et qui le comprennent, le candidat socialiste semble heureux d’appartenir à un clan en dépit de toute réalité.

Sébastien Denaja sous pression

La pression exercée sur ses épaules va devenir insoutenable au mois de Juin 2020.C’est devenu l’employé d’un système qui enchaîne les victoires depuis 20 ans. Il en a trop dit, il appartient désormais au clan de Francois Commeinhes. Le piège semble s’être totalement refermé sur lui au milieu du confinement fin Avril 2020.

Quand il s’épuise, qu’il doute, on le gronde comme un enfant, « arrête avec ça », « repart au travail », lui dit-on, « il y a quoi du côté de chez véro ? », « tu fou rien en ce moment », la pression sera forte sur ces épaules les tous derniers jours du second tour des élections municipales.

« il y a rien aujourd’hui je te dis », se défend Sébastien Denaja. « Tu te mets trop la pression », dit-il à un proche de François Commeinhes. « De toute façon tu t’en fous. Dans tout les cas le Président d’agglomération sera un copain à toi. Soit c’est François Commeinhes soit c’est moi », explique-t-il pour rassurer les proches de l’ancien Sénateur. « Mais Franchement, je pense toujours que François Commeinhes à un boulevard », ajoute-t-il.

François Commeinhes aux premières loges des négociations à gauche

Grâce à ses proches qui sont de véritables ouvriers d’un système politique, Francois Commeinhes que l’on présente comme un imbattable n’a jamais réellement été en difficulté dans ce second tour des élections municipales. Le Président de Sète Aggopole Méditerranée à vu tous les coups venir.

« Les communistes pas contents qu’il n’aient que Andral et Nathan Liberti », Sébastien Denaja fait le rapport complet au clan de Francois Commeinhes le lendemain de la fusion des listes de gauche.

« Arnaud Jean pas content de passer de 2 à 10 », explique-t-il. Le colistier de Sébastien Denaja sera finalement neuvième sur la liste après la fusion. « Mattera est partie car elle voulait l’alliance avec Llanos », ajoute-t-il.

Sébastien Denaja va rapporter aux proches de Francois Commeinhes chaque détail des négociations de la fusion des listes de la gauche sétoise.

 Véronique Calueba trahie de l’intérieur

Nous avons pu observer le travail minutieux, précis, la malice mais aussi l’intelligence dans la façon de capturer Sébastien Denaja. L’élu d’opposition de gauche semble perdre le contrôle d’une relation nocive jusqu’à être pris au piège. 

La Vice-Présidente a été infiltrée de l’intérieur par ses adversaires ne lui laissant aucune chance de victoire.

Sébastien Denaja va douter à de nombreuses reprises et prend souvent le soin de se justifier auprès des proches de Francois Commeinhes de chacune de ses attaques pour ne pas perdre la confiance de ces derniers. « dernière marque de confiance », dit-il « dans le texte de profession de foi (…), la seule attaque, c’est sortir d’une vision passéiste », explique-t-il à un proche de François Commeinhes. « Tu vois c’est pas bien méchant », se justifie-t-il. Les proches de Francois Commeinhes ne prennent même pas la peine de lui répondre laissant le doute s’installer encore plus chez l’adversaire.

« Moi je branle rien », explique-t-il le 24 juin 2020 à quatre jours du verdict final des élections municipales.

 Les faits que nous avons pu vous exposer ci-dessus ne laissent aucun doute sur les intentions du candidat socialiste. Sébastien Denaja semble avoir œuvré pour la défaite de la gauche lors des élections municipales 2020 à Sète.

Sébastien Denaja souhaite aussi la défaite de la gauche aux élections départementales

 Le 28 Juin 2020 au soir c’est la victoire de François Commeinhes. L’ancien Sénateur vient de remporter sa quatrième victoire consécutive à la tête de la Ville de Sète.

Sébastien Denaja va envoyer ce soir là à 22h13 un sms à un proche de François Commeinhes, « Félicitations. Retrouve mon pronostic, j’avais vu juste », se félicite-t-il. Pendant que la gauche pleure sa défaite. « Travaille maintenant, tu vois je t’oublie pas », on ne le laisse pas respirer, le renvoyant à sa tâche d’informateur. Les proches de Francois Commeinhes restent concentrés sur leur objectif même un soir de victoire historique.

« Il faut que vous les battiez aux départementales », ajoute-t-il. Sébastien Denaja repart tambour battant pour écraser cette gauche sétoise déjà assomée par cette défaite aux municipales.

« On y travaille la semaine prochaine si tu veux », lui répond un proche de Francois Commeinhes. Ils sont prêts à repartir au combat ensemble pour faire perdre à nouveau la gauche lors des prochaines élections.

 A l’exposition de ces faits, Sebastien Denaja, dit « n’avoir aucun souvenir de ces discussions avec un quelconque interlocuteur. » Et précise, « Je n’ai aucune archive de mes conversations personnelles avec qui que ce soit. Je n’apporte pas de confirmation à ces propos car je n’en ai aucun souvenir ».

« Dés demain le parti socialiste soutiendra la candidature de Véronique Calueba aux élections départementales », ajoute-t-il.

Et de conclure,  » Je maintiens que la vérité de mes actes est un engagement loyal et sans faille pour la gauche depuis 24 ans. Il y a des actes politiques forts qui témoignent de mon engagement total. Avant, pendant et après la campagne municipale ».

Notre rédaction a aussi réussi à joindre Véronique Calueba qui ne souhaite pas faire de commentaire pour le moment.

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À LIRE AUSSI > Sète – Trahison : Véronique Calueba met le couvercle sur la Macaronade

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Le Singulier informe ses lecteurs qu’il mène des enquêtes sur des faits similaires sur Sète et d’autres villes du bassin de Thau. À ce jour Le Singulier mène 27 enquêtes pour des faits de corruption, d’emplois fictifs, de conflits d’intérêts, racisme, et harcèlement sexuel. 

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