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Israël pose un jalon stratégique en reconnaissant le Somaliland

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La décision de Jérusalem, une première diplomatique pour ce territoire sécessionniste, ouvre des perspectives militaires et géopolitiques majeures dans une région cruciale de la mer Rouge.

L’annonce israélienne constitue un tournant pour cette entité ayant proclamé son indépendance de la Somalie il y a plus de trois décennies. Cette démarche, préparée de longue main, aurait impliqué les services de renseignement extérieurs israéliens dans un rôle d’avant-poste diplomatique. Aucun détail n’a filtré concernant d’éventuels engagements réciproques.

Cette reconnaissance offre à l’État hébreu un ancrage inédit sur la rive africaine du golfe d’Aden. Une telle position permettrait un déploiement de moyens aériens et de surveillance à proximité immédiate des zones d’influence des Houthis au Yémen, groupe soutenu par l’Iran. La capacité à observer et, le cas échéant, à intervenir contre ces forces représenterait un avantage stratégique significatif dans un conflit régional où les frappes précédentes ont eu une efficacité limitée.

Au-delà de l’aspect strictement militaire, cette initiative s’inscrit dans une politique de contre-poids face à Téhéran. Elle témoigne de la volonté israélienne de tisser des alliances sur des terrains jugés stables et favorables, une denrée rare dans cette partie du monde. Le Somaliland, par sa longue histoire de relations avec les puissances occidentales et son relatif calme politique, incarne un tel atout.

L’intérêt pour ce territoire n’est pas nouveau. Sa localisation, au carrefour de la mer Rouge et de l’océan Indien, en fait un point de passage vital pour le commerce maritime mondial. Cette importance explique pourquoi diverses puissances y ont, par le passé, envisagé ou établi des implantations. Pour les observateurs, cette évolution contribue à transformer ces voies maritimes en espaces de compétition stratégique, accentuant l’imbrication des rivalités du Moyen-Orient avec les dynamiques de la Corne de l’Afrique.

La région est déjà le théâtre d’influences concurrentes. Les Émirats arabes unis y entretiennent une base militaire, et l’Éthiopie y voit une porte d’accès à la mer. La décision israélienne apparaît ainsi en phase avec ses partenaires régionaux. Elle s’analyse comme un calcul où les bénéfices escomptés en matière de sécurité primerait sur les complications diplomatiques engendrées.

Cette manœuvre n’est pas sans susciter de vives réactions. Elle attise notamment les tensions avec la Turquie, alliée du gouvernement central somalien à Mogadiscio et puissance influente dans la zone. Ankara a d’ores et déjà condamné cette reconnaissance, l’accusant de saper la stabilité régionale. Ce différend illustre comment la Corne de l’Afrique est devenue un nouvel échiquier où s’affrontent des puissances moyennes, chacune cherchant à étendre son rayonnement.

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