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Israël conditionne l’accès humanitaire à Gaza à la divulgation des employés locaux

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Trente-sept organisations humanitaires, dont plusieurs acteurs majeurs, se voient notifier une ultimatum par les autorités israéliennes. Faute de transmettre les identités de leur personnel palestinien, elles risquent une suspension de leurs activités dans l’enclave, une mesure vivement contestée par les instances internationales.

Les organisations concernées, parmi lesquelles figurent Médecins Sans Frontières, le Norwegian Refugee Council, Care, World Vision et Oxfam, ont jusqu’à minuit ce mercredi pour se conformer à cette exigence. Un porte-parole ministériel israélien a justifié cette demande par la nécessité, selon lui, d’empêcher que des individus liés à des groupes armés n’opèrent sous couverture humanitaire. Il a affirmé que ces entités, informées depuis plusieurs mois, n’avaient pas engagé les démarches requises.

Cette procédure a immédiatement suscité de vives réactions. L’Union européenne a exprimé sa profonde préoccupation, estimant que de telles suspensions entraveraient la distribution d’une assistance essentielle à une population déjà extrêmement vulnérable. De son côté, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a qualifié la mesure d’arbitraire, appelant à son retrait pour éviter une aggravation de la crise humanitaire.

Les organisations non gouvernementales visées se trouvent dans une situation complexe, partagées entre le respect des procédures imposées et la protection de leurs équipes sur le terrain. Médecins Sans Frontières a réaffirmé son engagement à poursuivre le dialogue avec les autorités, tout en niant catégoriquement employer sciemment du personnel impliqué dans des activités militaires.

Cette décision intervient dans un contexte où l’acheminement de l’aide reste un sujet de tension permanente. Les autorités israéliennes assurent qu’un nombre important de camions pénètre chaque semaine dans la bande de Gaza, tout en reconnaissant que seule une fraction transporte une aide coordonnée par les agences humanitaires. Pour les acteurs internationaux, cette nouvelle réglementation s’ajoute à un ensemble de restrictions qui compliquent considérablement les opérations de secours.

La communauté humanitaire redoute un précédent qui pourrait limiter durablement sa capacité d’intervention dans des zones de conflit. La question de l’accès et des garanties de sécurité pour les travailleurs humanitaires et les populations civiles demeure au cœur des préoccupations, alors que les besoins dans l’enclave palestinienne restent immenses.

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