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Irfaan Ali reconduit à la tête du Guyana, défis pétroliers et tensions frontalières au programme

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Le président sortant remporte une large victoire électorale dans ce petit État sud-américain devenu puissance pétrolière émergente, face à des enjeux économiques et géopolitiques complexes.

Le chef de l’État guyanais Irfaan Ali a été reconduit au pouvoir à l’issue du scrutin présidentiel organisé lundi dernier. Selon ses propres déclarations, son parti du Parti progressiste du peuple/Civic aurait obtenu une « victoire écrasante », bien que la commission électorale n’ait pas encore officialisé l’ensemble des résultats. Cette réélection intervient dans un contexte de transformation économique sans précédent pour cette nation de 850 000 habitants, devenue en cinq ans le pays affichant la plus forte croissance d’Amérique latine.

Les observateurs internationaux ont globalement salué le bon déroulement du vote tout en pointant certains déséquilibres durant la campagne. Le parti au pouvoir aurait bénéficié d’un avantage indu en multipliant les inaugurations de projets, selon les missions d’observation. La gestion de la manne pétrolière constitue le principal défi du nouveau mandat présidentiel. Les revenus pétroliers ont déjà permis de quadrupler le budget de l’État, atteignant 6,7 milliards de dollars cette année.

L’opposition et la société civile dénoncent cependant une hausse importante du coût de la vie qui ne profiterait pas suffisamment à la population. La candidate rivale Amanzia Walton-Desir avait ainsi fustigé une richesse nationale qui n’aurait pas suffisamment réduit la pauvreté, tout en accusant le pouvoir de pratiques corruptrices. Le président Ali a promis de poursuivre les investissements dans les infrastructures tout en augmentant les salaires et les retraites, avec un objectif affiché de réduction des tarifs électriques.

Sur le plan géopolitique, le dossier de l’Essequibo reste particulièrement sensible. Cette région riche en ressources naturelles fait l’objet de revendications territoriales persistantes de la part du Venezuela voisin. La tension s’est encore manifestée à la veille du scrutin par des incidents frontaliers sur la rivière Cuyuni. Le Guyana a dénoncé des tirs provenant de la rive vénézuélienne, tandis que Caracas accuse son voisin de vouloir créer un « front de guerre ».

Le positionnement international du Guyana continue de s’affirmer à travers le soutien au déploiement naval américain dans les Caraïbes. La composition définitive du Parlement, qui déterminera les équilibres politiques, reste attendue. Selon certaines projections, le scrutin pourrait marquer une rupture avec le traditionnel bipartisme ethnique, avec l’émergence surprise du parti WIN mené par le milliardaire Azruddin Mohamed, sous sanctions américaines.

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